Il était né d’une portée de sept, le plus faible. Incapable de saisir une des mamelles maternelles il n’avait du sa survie qu’à Antoine, le fils de Bartholomé. Lui même un peu nouille, il s’était pris d’affection pour la boule de poil brune au regard triste qui n’osait gémir de peur de se faire dévorer par ses frères et sœurs.

Haruspice avait grandit, grossi en continuant à se prendre pour un caniche.

Antoine le gardait près de lui et lui parlait longuement tous les soirs, il lui racontait ses journées, il lui décrivait sa nouvelle professeur à la voix si douce qui lui passait la main dans les cheveux quand elle remontait entre les tables.

Eperdu d’admiration pour son maître, Haruspice bavait doucement sur le tapis et pourtant jamais Antoine ne le grondait, il prenait du sopalin et lui essuyait la gueule.

 

Vraiment Haruspice adorait Antoine.

 

Une nuit pourtant, il égorgea le jeune garçon.

Sans doute avait-il mal dormi.