A la demande générale, et en l'honneur du premier mai et de la fée clochette, voici une historiette édifiante qui aidera vos bambins à reconquérir l'estime de soi dont ils manquent sacrément, pas étonnant avec des parents qui passent leurs soirées à lire les couillonnades de profdézécoleszédécollègeszélycées, au lieu de les bercer en s'émerveillant du moindre renvoi gastrique qu'on appelle communément gazouillis.

Or donc, voici la belle et bonne histoire de petit lapin.

Petit lapin était, je dis était passqu'il va grandir à la fin, mais chuuuut, laissons pour l'instant le suspense agir...
Petit lapin, donc, était, je vous le donne en mille : petit, comme seuls les enfants et quelques nains savent l'être sans pour autant se ridiculiser.

Il était également lapin, mais ça vous l'aviez sans doute remarqué, observateurs que vous êtes.
Le jour, tandis que ses nombreux frères et sœurs ainés l'avaient exclu du terrier pour y jouer tranquillement au strip poker, ce qui ne souffre, vous en conviendrez, de la présence d'aucun mineur, il passait son temps à gambader dans la forêt, la nuit il dormait dans le terrier susnommé, le dos bien collé au mur, vu qu'on ne sait jamais.

C'était il y a pas si longtemps, les fleurs timidement pointaient de ci delà une corolle humide de rosée du matin, les abeilles encore ensommeillées de leur hibernation récente bourdonnaient sans conviction et le gros ours chiait dans les bois, lui aussi victime d'un sommeil forcé par dame nature qui lui faisait le caca tout dur au début et liquide à la fin et l'entraille chantante.

Petit lapin était d'humeur joyeuse ce matin là, il bondissait pour prouver au monde que le verbe bondir est du second groupe. (à mes lecteurs parents-pédagogues : il est toujours de bon aloi de glisser une dose homéopathique de pédagogie dès les premiers babils de votre progéniture)

D'humeur mutine, il allait son chemin,
croquant quelques racines,
humant les fleurs de thym.
Oh bien sur, ça et là,
il croisait un renard,
ou un  furieux blaireau
qu'en voulait à sa peau,
derechef bondissant,
il fuyait le danger
n'ayant pour ces méchants
que mépris et pitié.

Au détour d'un chemin,
comme l'image est belle,
il tomba sur cet ours
à la tripe cruelle.
Plutôt interloqué
par ses vilaines grimaces
il voulu bien l'aider
et passer pour un as !

 

- Bonjour à toi gros ours, pourquoi tu fais la gueule ?
- Si ça n'te déranges pas, j'aim'rais mieux rester seul !
- Allons, allons, allons ! (il voulait faire médecine)
- Viens pas m'gonfler j'te dis !  Où j'me fais une terrine.
moi, c'que j'veux, c'est finir
et tu me déconcentres,
t'es là avec ton air
de kleenex usagé
méfie toi mon petit :
ton pelage si doux
me donne des idées
en cas de caca mou...

 

A ces mots, le lapin se sentit un peu seul
voire même un peu groggy de se l'prendre en pleine gueule
il ne voulait qu'aider, et contre toute attente
il se voyait déjà la livrée pleine de fiente
Il s'enfuit donc bien vite loin de ce malappris...
Retiens ça mon ami : c'est ainsi qu'on grandis.

Moralité :

Le premier mai, mange des carottes
C'est peut-être pas très bon
mais ça fait des belles crottes.