26 octobre 2008
Morte
La journée avait mal
commencé, le réveil m’avait comment dire, oui, c’est ça réveillé et ça déjà, ça
m’insupporte ! Normalement, j’ouvre les yeux juste avant lui, je me
prépare et hop, dès qu’il sonne, je lui coupe la chique avant même la fin du
premier « biiiiip »
Le soleil n’avait pas
encore pointé le bout de son nez, la démarche pesante du gars pas trop
réveillé, j’allais d’un pas alerte, mais alors pas alerte du tout… jusqu’à la
salle de bain en tentant de ne point inspirer les effluves de ma propre haleine
qui me disaient combien la nuit avait été longue…
J’allumais la radio,
pas tant pour les nouvelles que pour couvrir ces méchants bruits organiques qui
ont tant fait pour l’ambiance bon enfant des chambrées estudiantines mais
peuvent tuer un couple ou vous aliéner le respect de vos enfants s’ils en
profitent aux premières lueurs de l’aube… car je suis un père et un mari aimant
et délicat qui ne pète ni ne rote au foyer, ou alors c’est pour faire rire les
enfants en bas-âge et les grand-mères de
passage. Ainsi continué-je à trôner sur le piédestal que m’ont érigé mes
enfants sans qu’un vulgaire vent me fit tressaillir.
Or donc, je trônais, l’œil vague et la fesse molle lorsque la nouvelle de sa mort me frappa de plein fouet.
La CAMIF est exsangue,
condamnée, elle est déjà envahie par les vers.
Et moi qui ai dormi
toute la nuit sans même le savoir !
La CAMIF, c’est un peu
de mon enfance qui fout le camp.
Flashback…
Fier et unique rejeton
d’une Xième génération d’instits à la barbichette militante, je fus bercé aux généreuses
mamelles de la CAMIF… Mes jouets de noël
furent tous sans exception commandés en octobre, dès la parution du catalogue
hiver et ce, jusqu’à mon 18ème anniversaire, je m’en rappelle encore,
c’était un jeu éducatif Hasbro, recommandé par la communauté enseignante, le 18ème
que je recevais…
L’été quand nous descendions
dans le sud, on faisait un pèlerinage vers Niors, on passait exprès devant le
magasin, mon père, ce héros, la larme à l’œil nous contait alors l’histoire de
Nicéphore Camif, fondateur de la coopérative qui seule a su mettre à la portée
des bourses enseignantes le confort bourgeois à un prix raisonnable pour les
modestes travailleurs de l’état durs à la tache mais confortés dans la notion
de sacerdoce public par des salaires de merde qu’étaient mes parents.
Alors, bien sur, on ne
s’arrêtait pas chaque année, c’eut été trop dur d’enfiler les allées moquettées
de cette maison de Barbie grandeur nature, ou de rutilantes centrales à vapeur
faisaient de l’œil à ma mère qui en bonne épouse a toujours vénéré le repassage
et son mari.
Las, nous n’avions pas
toujours les 8699 francs que coutait en moyenne le moindre article de la CAMIF,
je sais vous allez me dire que c’est cher, mais merde ! C’était une
coopérative quand même ! Une putain de bonne idée de gauche, avec de la
solidarité dedans ! Pour employer des instits fatigués qui à la vue même d’un
enfant risquaient de faire une connerie ! Ça valait bien les 50% de plus
que ce qu’on aurait payé à l’hyper du coin !
Je vous le dit mes enfants,
acheter à la CAMIF, c’était un acte solidaire et social, du militantisme comme
on voudrait en voir plus souvent.
Et c’est sans doute pour ça que j’ai jamais rien acheté à la CAMIF.
Si, une fois, j’suis
allé au magasin de Toulouse (paix à son âme) et j’ai volé une pièce pour ma
cafetière nespresso, mais est-ce que ça compte vraiment ?
Ainsi aujourd’hui,
alors que les clients de la CAMIF l’ont désertée telles les puces quittant le
cadavre en putréfaction du bébé Bengali, je suis fier de n’avoir jamais été
client chez eux et donc de n’avoir en aucun cas participé à leur faillite en
les abandonnant lâchement !
A toute chose, malheur
est bon, des centaines de personnes au chômage, ça veut dire aussi beaucoup d’alcoolisme,
des femmes battus par leurs compagnons parce qu’elles ne perçoivent plus leur
salaire d’emballeuses ! et ça, c’est du terreau de choix pour des futurs
Kévins traumatisés par des divorces et des suicides en masse (mais je suis
optimiste là…)
Alors, gardons espoir
et haut les cœurs, la CAMIF est morte, vive la MAIF (qui, elle aussi gérée par
des instits, prouve jour après jour qu’il n’est nul besoin d’une quelconque
compétence pour survivre en ce monde hostile de l’économie libérale)
22 octobre 2008
l'enfant qui murmurait à l'oreille des poubelles
- Tu vas voir, il est bizarre...
Ah oui, c'est vrai, il l'est...
bizarre.
Nicolas, que nous appellerons Kévin pour préserver son anonymat, quoiqu'il m'étonnerait beaucoup qu'il lise ce papier, Kévin, donc, parle à la poubelle qui est près du bureau : la jolie corbeille tressée à la main en plastique noir, sans doute par un enfant gâté au Pakistan (quand on mange, on est gâté, n'en déplaise à sœur Emmanuelle)
Enfin, quand je dis parle, il chuchote, car Nico Kévin est bien élevé (décidément, Kévin ça va pas , appelons le Chrisostome, ce sera plus simple...)! Il ne voudrait pour rien au monde interrompre la classe, d'ailleurs la poubelle lui a bien dit que si il gênait la maitresse, elle serait obligé de l'avaler tout cru. (la poubelle, pas la maitresse, et lui, pas elle, suivez un peu dans le fond !)
Donc Chrisostome discute avec la poubelle, en fait il négocie, pensez : il a pas envie de se faire avaler tout cru par une poubelle pakistanaise, et c'est pas parcequ'elle est pakistanaise car Chrisostome n'est pas raciste.
La preuve, il s'entend super bien avec ses crayons de couleur.
Sauf le vert.
Mais lui c'est un bêcheur.
D'ailleurs ses crayons, il les sort sur sa table pour les aérer (qu'il dit, en vrai c'est pour pas qu'ils s'ennuient dans sa trousse...)
L'autre poubelle du fond de la classe, elle est moins vache que celle du bureau, mais c'est parce qu'elle est près de la porte, ça se trouve elle cherche à s'évader.
Chrisostome a six ans et un bonnet qui en n'en a que deux mais qui sait super bien lire, il sait que s'il le garde sur la tête le matin, il apprendra à lire lui aussi.
Pis a écrire aussi.
Mais pas avec le crayon vert.
08 octobre 2008
La popopo la politique
Ma doué !
Me doutions point que l'blog allait devenir une vitrine revendicative, moi qui ai encore du mal à reconnaitre Ernesto Che Guevara de Ernesto-Antoine Séllière !
Que les choses soit claires : ma haute estime de l'espèce humaine me pousse à croire qu'il y a bien plus que 53 % d'abrutis et de cons en notre belle et bonne contrée, et comme les gonorrhées et le progrès ça ne vaut que si c'est partagé par tous.
Moi-même, je me sens parfois venir des élans de beaufitude telle que la contemplation ébahie de TF1 me provoquerai un émoi quasi-charnel, de la même façon, il peut m'arriver d'apprécier la lecture d'une critique tv dans télérama (non, là je déconne)
Je n'aime pas non plus rejeter systématiquement sur autrui et particulièrement sur un Ministère qui me nourrit apparemment trop copieusement ou sur un Inspecteur qui fait comme tout le monde dans la vie : rechercher un poste pépère où se la couler douce en attendant son cancer généralisé (tiens, le revoilà lui ?) une faute qui n'en est une que parce que nous sommes bercés à la culpabilité judéo-chrétienne.
Dieu ayant cessé de croire en moi très tôt, j'ai jeté aux orties mon aube de premier communiant et mes photos dédicacées de Lionel Jospin ; fervent hétérosexuel, ce que j'apprécie chez Nicolas S., c'est surtout son épouse et Rama Yade pour des raisons purements libidineuses quant à la première et pour la peau de pêche de la dernière (avec un peu de libidineux aussi, allez, soyons fous) Ceci dit, soyons clairs (et quand on parle de Rama Yade, je revendique le mauvais jeu de mot...) : Je ne suis pas le père de l'enfant de Rachida D. , je sais, vous êtes déçues...
Je ne crois pas non plus au très simpliste "tous pourris" et n'hésirerai pas à apporter mon soutien officiel qu'au plus offrant, je ne cesse d'ailleurs de leur proposer, vantant la grande écoute de ce blog dont même google parle, mais il ne semble pas pour l'instant que ça interesse cette bande de pourris.
Je vous rappelle de plus que la droite, c'est la main où le pouce est à gauche, la gauche, celle où le pouce est à droite et ceci tant qu'on ne l'a pas tournée, ce qui aurait pour conséquences une inversion radicale quoique non définitive d'une latéralité qui n'attend que ça dour déconner un peu.
Bon et pis Xavier, il me fait un peu penser à nounours...
Je n'ai d'affection particulière ni pour les grands humanistes, vous vous en doutez bien, ni pour les tyranneaux sud américains et tel mon maître Pierre D., mon mépris de la droite n'a d'égal que ma haine de tout ce qui se déclare de gauche. Les altermondialistes me font autant bander que la perspective de passer une soirée karaoké dans un restaurant macrobiotique en compagnie de jeunes filles aux poils non rasés sous les bras sentant fort le patchouli népalais et non tibetain afin de ne pas donner d'argent au peuple chinois oppresseur des chauves à toge !
Je ne pousse pas de coup de gueule (enfin, si, là par exemple, mais même...) pour un quelconque message, mais juste pour tirer deux trois zygomatiques (dont les miens) et ne donne de leçons à personne et surtout pas à Kévin, ses parents, ses instits et sa soeur qui joue dans des pornos. Ce blog et moi ne nous prenons pas au sérieux et là, certains commentaires me font penser que j'ai du m'oublier à sortir sans nez rouge.
Vive Marx ! (Harpo)
07 octobre 2008
Groupons nous zé demaiiiin...
De quoi ???
Rien pendant un mois et deux textes aujourd'hui, et pis quoi encore, y s'fout de nous Super ?(oui, je me Majuscule avec complaisance...)
Alors d'abord, oui, un peu, vu que c'est mon blog à moi et que je ne suis pas payé pour étaler régulièrement mes états d'âme et mes tumeurs à la face du monde (et quand je dis le monde je tiens à saluer les trois japonais, six américains, et l'islandais qui viennent régulièrement sur ce site, ce qui montre qu'il n'y a pas qu'ici qu'on s'emmerde dans les écoles françaises) et même que ça se trouve, des chroniques d'avance j'en ai plein des déjà écrites, a p'us qu'à les publier, mais n'ai pas n'envie na!
C'est que l'heure est grave mes amis (enfin mes connaissances : j'ai finalement peu d'amis et comme je tiens à les garder je ne leur ai pas donné l'adresse de ce blog (enfin si, mais pas tous (du moins pas aux plus susceptibles...(ça c'est pour faire plaisir à mes amis susceptibles à qui j'ai quand même donné l'adresse de ce blog...(ben oui, comme ça ils penseront que je parle des autres et pas d'eux, ils sont susceptibles mais pas très malins))))), l'heure est grave reprends-je car après 5 parenthèses ça se fait : non content d'être bafoués et jetés aux orties par notre très bon et très Saint Ministère (qu'il soit moyennement récompensé par le sacrifice de 12 vierges), non content de voir la fortune patiemment accumulée par les miens durant l'occupation disparaitre inexorablement sous les coups de boutoirs des socialo-communistes de Wall-Street (car ne soyez pas dupes, ce sont bel et bien d'odieux alter machinistes qui nous y foutent en l'air Le Système), non content du réchauffement de la planète qui risque de décimer des populations entières de manchots Patagons parmi lesquels je compte un certain nombre de relations proches, voilà que Johnny Haliday annonce l'arrêt de sa carrière pour la fin de l'année !
Johnny, pour moi, c'est un peu comme si Kévin réussissait à lire autre chose que les grafittis dans les chiottes de la communale... C'est la réussite symbolique de tous les neuro-déficients, c'est la preuve, non de l'existence de Dieu, mais de son sens de l'humour.
J'ai fait étudier ses textes à mes SEGPA (ouais m'sieur l'inspecteur, j'ai eu des classes et pas des tartinées au nutella, alors les menaces à la con de prendre une classe, ça me fait riiiiiiiiire) (ou pas)
Precillia première du nom a découvert la vrai poésie grâce à Johnny, elle qui ne jurait que par Lorie, c'est décidé maintenant : quand elle sera grande, elle sera Cindy Sanders .
Alors excusez moi de ne pas voir en ce symbole qui nous abandonne la même année que Georges W. B. qui a souhaité garder l'anonymat autre chose que la triste fin des zaricots pour le con de base l'élève en difficulté : deux heures hebdomadaires risquent de réussir où nous avons échoué !
Le combat contre l'illettrisme serait donc gagné sans que nous y ayons pris garde. Ils vont être bien emmerdé à polytechnique devant l'afflux massif de nouveaux étudiants.
L'hyperactivité a sa ritaline.
La dyslexie a ses orthophonistes.
Le mutisme les bibliothèques publiques.
Mais la connerie n'a plus rien si Johnny s'en va..
C'est la lutte finaaaale
ça y est, la dépêche est tombée, on va tous mourir !
Ou pire : retourner dans des classes !
En plus c'est l'AFP qui nous le dit alors c'est forcément vrai ! "3000 postes de RASED ré affectés dans des classes"
Waou !
Mais quelles classes ?
Des classes avec rien que du Kévin avec les cheveux hérissés, rasés sur les cotés et où on danse la tektonik ?
Des classes de Précilia de cm2 court vétue en néo-pute par une maman qui trouve ça "trop mignon" ?
Des vrais classes de handicapés sociaux avec des vrais morceaux d'autistes dedans (mais pas la tête... c'est là qu'y a toutes les vitamines)
J'vous raconte pas comment ça râle dans les réseaux, et comment qu'on est tous solidaires et tout, et qu'en vrai on essaye tous de se trouver un poste pépère dans une CLIS pour crétins congénitaux déficients, ou un retour dans une segpa tranquille comme directeur déchargé, ou un poste à la con avec un sigle que même l'Inspecteur (qu'il soit béni) ne reconnait que quand il a bu...
Et va-z-y que je subreptice auprès du grand manitou de la circonscription (ça fait vachement souvenir d'ancien combattant non ?) pour aller faire des heures de formations auprés des dégénérés PE1, et que j'te mendie une p'tite journée de décharge...
Et pis surtout, je regarde d'un air un peu paumé la sciure sur mon bas de pantalon, je découvre la scie dans ma main et sens craquer la branche sur laquelle repose (et le mot est faible) le cul abondamment fourni que m'a gracieusement offert dame nature...
C'est la fin des vacances, on doit ranger les pédalos.
à suivre
