18 décembre 2008
Nostalgie des Noël d'antan
La neige a envahi le jardin : seules les traces des petits animaux de la forêt viennent rompre l'immaculé manteau blanc, tiens, petit lapin est venu chercher le morceau de carotte que le plus jeune de mes enfants au cœur pur lui prépare religieusement tous les soirs, les traces mènent à son terrier non loin de là, où le plus âgé de mes enfants au cœur pur mais néanmoins espiègle, a placé un collet en corde de ma guitare... malicieux qu'il est le coquin...
Ah ! L'esprit de noël souffle en cet hiver qui ressemble enfin à un hiver et pas à ces saisons de tafioles (n'en déplaise à mes amis homosexuels) que le réchauffement climatique à la mode dans les salons mondains semblait nous promettre ces dernières années.
L'esprit de noël c'est la neige, les bons repas, où le foie gras coule à flot dans nos artères qui n'avaient pas besoin de ça pour se boucher, les agapes insolentes sous le regard vide des SDF massés à la sortie des restaurants, prêts à tout pour nous couper la digestion les cuistres ! (Sauf à Megève où la municipalité a eu l'idée géniale de les recouvrir d'eau afin d'offrir aux passantes enfourrurés le délicat spectacle de statues de glace du plus bel effet.)
L'esprit de noël, c'est aussi et surtout les cadeaux, pensé je en essayant de décoller de mes molaires la pâte vaguement chocolatée à base de superglue qu'a amoureusement concocté la maman de Kévin, juste après avoir changé le bébé sans doute, vu l'odeur caractéristique de déjections lactées qui se dégage du paquet de truffes faites mains amoureusement emballées dans les petits sacs handicap international reçus par les parents de Kévin en remerciement pour l'ensemble de leur œuvre dans la promotion du handicap en France...
Et moi, courageusement, tel Pierre du "Père Noël est une ordure" je mâchouille mon doubitchou sous le regard éperdu d'admiration de Kévin qui ne se doutait pas pas qu'un Rééducateur à majuscule puisse avoir un système digestif comme lui.
Ah les cadeaux...
Flashback.
En cette semaine de veille de vacance, et comme il est de tradition dans notre culture judéo chrétienne, je me retourne avec une certaine nostalgie et une non moins certaine complaisance vers le temps béni des colonies où, jeune enseignant fringuant, chevelu et gauchisant (passque c'était le meilleur moyen d'être pistonné par des syndicats alors tout puissants) je faisais mon intéressant dans le réseau des écoles françaises à l'étranger.
Pour des raisons évidentes d'anonymat et passque je compte bien repartir un jour, dès que les rased seront enterrés en fait (merci mon Darcosounet), je ne donnerai aucun indice sur les pays où mme Super et moi officiâmes de conserve. Sachez simplement que les élèves boursiers y étaient rares et sujets au quolibets, généralement bien vêtus, propres et sentant bon, exceptionnellement en difficultés : de toute façon, on ne leur demandait que d'apprendre à lire afin d'occuper un poste de ministre ou d'ambassadeur comme papa.
Là bas le Rased n'existait pas, n'était pas utile et aurait de toutes manières été vécu comme un crime de lèse majesté (ben tiens, à 35-40 euros de l'heure le cours particulier, ça nous aurait troué le cul de refiler du soutien gratis...)
D'aucuns collègues allaient, dit-on, jusqu'à baisser les moyennes en début d'année histoire d'avoir tout plein de demande de cours particuliers, il est vrai qu'au prix où étaient les 4x4 on les comprend...
Je suis fier de dire aujourd'hui que jamais je ne suis tombé dans ce travers, non par déontologie (je n'ai aucune déontologie, j'ai une éthique, moi, madame, qui me va mieux au teint) mais parce qu'à l'époque j'étais déjà un contemplatif serein et je préférais enseigner à prix d'or un sport de fainéants à des nantis adultes et généreux. (private joke pour les miens amis qui n'étaient alors que des connaissances et à qui je dois une petite partie de ma fortune actuelle que je regarde désormais avec une honte certaine, promis vous pouvez venir gratuitement quand vous voulez :-))
Il eut été très discourtois d'évoquer des problèmes chez nos chères têtes blondes, brunes, voilées et crépues. Tout au plus pouvait on, à demi mot et encore, uniquement chez les sous fifres des consulats des pays les plus pauvres de l'OCCE, envisager la possibilité, peut être, que leur Kévin ne fut pas le pur esprit que l'on pensât, et qu'il serait bon d'envisager la possibilité de l'intervention ponctuelle d'un précepteur hautement spécialisé, voire un avortement tardif.
En tout cas, j'avais plus souvent des stylos et des montres que des truffes roulées à la main...
Quant au précepteur hautement spécialisé que je recommandais chaudement à mes parents forts inquiets d'avoir accouché d'un monstre ou d'un socialiste, c'était un Volontaire du Service National qui me reversait une part de ce qu'il touchait sous formes de produits alcoolisés que la morale, ma femme et notre sainte mère l'église réprouvent, mais qui réchauffent la tripe.
Brave enfant obligé de servir son pays au chaud en se tapant consolant fréquentant des épouses d'expatriés au lieu de ramper dans la boue avec ses camarades du premier régiment d'infanterie... Il fallait bien l'aider à arrondir ses faim de mois (pour une fois la fôte est volontaire, merci) lui dont on riait dans les salons de connaitre la solde officielle du ministère quand nos primes outrancières nous poussaient aux crises de foie caviardesques en compagnie de pétasses blondo-siliconnées à un prix fou...
Ah c'était l'bon temps... Aménophis premier, c'était autre chose qu'Aménophis 2...
Mitterrand au lieu de Sarkosy...
Jack Lang ministre de l'éducation Nationale... et ouais, ça calme hein ?
Bises à toutes et joyeux Noël
03 décembre 2008
Super rééduc se mouille !
Aujourd'hui', sans peur et sans honte, Superrééduc se mouille et écrit une lettre ouverte au président !
Cher président,
j'aime beaucoup ce que fait ta femme avec sa douce voix qui provoque des picotements là et là.
J'aime aussi beaucoup les belles montres et les Blackberry et même si je trouve les ray-ban ridicules (on dirait une vieille affiche de Top-Gun) je n'ai rien contre le fait que vous preniez vos vacances sur le yacht d'un ami, en fait je suis sur que si j'avais des amis ils me prêteraient leur yacht, malheureusement mon caractère aimable mais taquin me pousse à me fâcher, non seulement avec mes collègues, mes supérieurs hiérarchiques et ma boulangère, mais également avec mes amis et connaissances.
Je vous écris pour vous dire que je ne rentrerai pas avec mes amis de l'éducation nationale dans la résistance civique en refusant de mettre en œuvre les programmes réformes et autres billevesées que j'ai arrêté de lire depuis bien longtemps déjà. Je ne tiens pas à être convoqué chez mon inspecteur d'académie pour y faire mon intéressant.
C'est trop facile les lettres ouvertes ! Je préfère d'ores et déjà entrer dans la lutte armée contre les ultragauchistes terroristes du TGV... (n'empêche, si Ben Laden avait était un vrai terroriste et non une tafiole barbue, il aurait bloqué les ascenseurs des deux tours au lieu de les faire bêtement sauter, vraiment aucune imagination ces orientaux, depuis le pal tout se perd)
Mais voilà qu'encore une fois je m'égare (TGV) et en plein dans une lettre ouverte au président en plus...
Donc voilà, en cette période difficile ou la contestation bat son plein et où des enseignants de tous bords écrivent des tas de lettre pour vous clouer au pilori vous et vos ministres, je tenais à vous réaffirmer publiquement mon soutien.
Recevez donc, cher Barack, l'expression de mes sentiments distingués.
01 décembre 2008
Barbe bleue, inceste et jokari
J'ai un groupe conte : alors là c'est de la prévention primaire en CP...
"- Mais dis moi Super, c'est quoi la prévention primaire ?
-Je te préviens, si tu continues avec tes questions à la con, c'est ma main dans la gueule !"
Voila : c'est ça la prévention primaire : c'est quand en début d'année scolaire les maîtresses elles ont pas encore craqué et elles ont pas encore dénoncé signalé les nouveaux Kévin, alors bon on fait quand même un truc ou deux histoire que le ministricule il nous fasse pas disparaître sous prétexte qu'on n'en fout pas une ramée pour vachement cher, mais ça risque pas, il est pas si con... (où alors on nous aurait menti ?)
Bon, moi normalement j'aurais du me planquer et me faire oublier dans le bureau de la directrice, mais là internet était dans les choux alors comme un con, j'leur ai proposé de prendre les CP : tous les CP de l'école ! !! en groupe de trois quatre (ça va, hein, j'vais quand même pas me taper une classe entière... enfin pas cette année) histoire qu'ils soient prévenus comme nous l'apprend Maryse Métra, la prêtresse des rééducateurs et de la maternelle.
Bon, prévenu de quoi, je sais pas trop, moi, Maryse Métra j'ai laché dès la troisième ligne (d'ailleurs, c'est étrange comme truc, ça m'arrive souvent avec les bouquins de pédagogo, alors que je peux lire des tomes entiers du journal de Mickey (oui, j'emmerde la gauche anti capitaliste !)), mais ça avait l'air super sérieux et que si on le fait pas, ça se trouve ils sauront jamais lire les CP et ça vraiment ça serait dommage...
Mais tout de suite lectrice avertie, je sens bien que la question te brûle les lèvres : pourquoi les CP ? est-ce parce que c'est une année charnière et que ce bon Superrééducateur sous ses airs de pas y toucher aurait une superconscience professionnelle ?
Que nenni !
Les CP, même les Kévinables, tu gueules un coup et y s'écrasent ! c'est pas comme ces délinquants en puissances que sont les CM et ça sent moins la pisse que les petites sections... et puis la maitresse des CP elle est jolie et même si ma libido est exclusivement réservée à madame Super, ça empèche pas de regarder le menu...
Bref, un sourire et me voilà embarqué une demie journée entière avec les nains, alors j'ai ressorti mon exemplaire de Bettelheim : la psychanalyse des contes de fées, histoire de pas rater leur traumatisme aux gluants... Et là, tu fais ton marché entre fantasme de dévoration (le petit chaperon rouge) réalisation de l'inceste avec son papa le roi (peau d'âne) et désir de mini partouze (Blanche neige)
Alors d'abord, faut trouver les versions anciennes, celles où la description des femmes égorgées de Barbe bleue elle fait au moins six pages avec du sang et des boyaux répandus à même le sol, (quand on sait comment il faut frotter pour récupérer un parquet...) et puis pour les groupes un peu chiant tu peux changer la fin... (genre c'est barbe Bleue qui gagne)
Ensuite tu lis avec application, en alternant chuchotements et hurlements, normalement, si tu t'y prends bien, y en a au moins 20 % qui se font dessus...( et là surtout, tu fait comme si rien ne s'était passé...)
Après le conte, on dessine et là surtout je donne que du noir et du rouge, ça serait trop con qu'ils fassent leur sempiternel soleil en triangle dans le coin supérieur droit de l'image et pourquoi pas une princesse tant qu'on y est ? Moi je dessine aussi, histoire de donner des idées à la petite Hélène qui s'obstine à représenter les têtes reliées au corps ! (bécheuse va !)
Quand c'est fini, y sont mûrs pour le reste de la journée... et pis sur l'ensemble, j'suis sur qu'y en aura une bonne dizaine de signalés par les zinstits à cause d'un comportement troublant (genre se jeter sous la table quand l'inspecteur rentre dans la classe ou décapiter la collection de Barbie de la petite Hélène...) ou même par les parents eux mêmes inquiets de voir le petit Xavier revêtir la peau du chat qu'il a écorché lui même au couteau plastique après avois maté sa maman sous la douche... (j'ai pris Xavier au hasard comme prénom, en vrai c'est Nicolas, mais je me suis dit que personne me croirait...)
Et comme la psy elle reçoit plus personne cette année histoire de lutter contre les décisions inique du général de Gaulle (oui, on a pas encore osé lui dire qu'on avait rendu l'algérie) c'est moi qui vait hériter de tous ces mignons petits anges...
Ben oui, faut bien entretenir son fond de commerce, c'est aussi ça la prévention primaire...
