A l'heure où les militaires israéliens s'amusent avec les puzzles d'enfants palestiniens tandis que leurs petits camarades du Hamas jouent à la bataille navale grandeur nature en espérant à l'aveugle, toucher eux aussi une école, je me demande si c'est vraiment opportun de vous souhaiter une bonne et heureuse année...

Décidément, je dois être un véritable fainéant estampillé, vu le peu d'enthousiasme que je mets chaque année à me rendre au boulot plutôt qu'au ski... (et en plus, j'aime pas le ski...)Vous me direz, qu'est-ce que ce serait si t'avais un vrai travail ?

Ben en fait, j'ai oublié, ça fait trop longtemps que je suis dans l'éducation nationale.

En fait, c'est dégueulasse, moi, toutes ces vacances, j'y suis habitué, je dirais même plus : accro, voilà, c'est ça, je devrais porter plainte contre notre ministère : à force d'être en congé, on s'habitue et les reprises sont de plus en plus dures...

Alors on se concocte une série de p'tites phrases toutes faites pour se donner du courage et trouver un réconfort dans le labeur quotidien...
florilège en passant :

- Ouais, en fait, tu vois, avec chaque classe c'est différent, même avec le même niveau, tu vois, les élèves changent, on s'ennuie jamais... (faux... j'ai souvent réussi à m'emmerder 7 heures sur 6, y compris quand j'étais élève...)
- C'qu'est super quand t'es instit, c'est de faire toutes les matières, tu vois, genre l'art pla', la musique et les sciences nat' (tu parles... les colliers de nouilles et les expériences des petits débrouillards dont la plus dangereuse consiste à faire fondre un glaçon à la lumière du soleil, j'ai vu mieux pour m'épanouir)
- Ouais, mais avant tout, y a le contact avec les gosses, c'est quand même irremplaçable. (pas vrai, ça sent autant la pisse dans les maisons de retraite que dans les maternelles...)

Bon, voilà pour la nouvelle année...  j'ai pris tout plein de bonnes résolutions, dont celle de demander l'inscription sur la liste d'aptitude des directeurs, histoire que si mon Darcosounet y ferme le poste j'aille au moins faire mon intéressant à traumatiser les parents et les collègues en gagnant trois sous de prime plutôt que juste faire la classe comme le reste du troupeau et embéter que mes élèves...

L'entretien fut encore un grand moment vu le peu de motivation que je montrais face à un IEN bien sérieux et très roquet du haut de sa stature Sarkosienne, (il ne devait pas dépasser le mètre vingt) et mon inspecteurounnet que j'aime bien et qui essayait de rattraper mes horreurs tant qu'il pouvait car il m'aime bien le brave homme (merci m'sieur de m'avoir "rattrapé"... en même temps, vu que j'ai déjà eu l'insigne privilège de diriger une école d'une main de fer et que l'Education Nationale m'a déjà payé une formation autant couteuse qu'efficace, il eut été beau voir que vous ne m'inscrivissiez point sur votre liste à la con.) Me voilà donc à nouveau apte à demander une direction, voire pourquoi pas un poste de dictateur centrafricain, car malgré une baisse de forme passagère, j'aspire toujours à conquérir le monde même si celui-ci, parfois, ne me mérite pas !

En attendant, mes kévins se portent bien... c'est pas eux qui se feraient intoxiquer par du lait à la mélanine, non... c'est résistant les pauvres chez nous, p'tet à cause de la CMU ? et les parents de Précillia ne s'étant toujours pas décidés à la confier à la DDASS (parce qu'elle le vaut bien...) je me vois dans l'obligation de me rendre dans les écoles chaque matin aux aurores ou quasi... la vie est mal faite tout de même !

Et j'en terminerai sur une note optimiste : 0/20, (ben en fait, on peut rarement avoir pire alors, c'est vachement optimiste pour l'élève, et mettre un 0/20 pour un enseignant, c'est qu'il est vachement optimiste s'il compte retrouver sa voiture ET ses pneus à l'endroit où il les a laissé en arrivant...)