30 mars 2009
Je couperai tout ce qui dépasse !
Aujourd'hui, Jean-Paul Laligant, un instit de Liernais (ne me demandez pas où c'est... quelque part en cambrousse au nord de la Loire) passe au tribunal pour avoir menacé un Kévin de CM1 qui exhibait fièrement son zizi en lui montrant un cutter suivi de "Je couperai tout ce qui dépasse..."
Après des années de "Je vais te tailler les oreilles en pointes" on comprend le traumatisme du jeune Kévin !
Comment ? Risquer l'émasculation pour une quéquette fraichement lavée dont il était fier de faire tâter la consistance à ses petits camarades !
Pauv'chéri !
Heureusement dame Education Nationale a immédiatement suspendu l'immonde pédagogue (dont soit dit en passant il est nécessaire de bien orthographier le titre vu que "pède à gogues", c'est tout de suite plus suspect... et encore "suce pet", je pèse mes mots...) pour quatre mois et maintenant c'est la Justice qui risque de lui faire payer cet affront contre tous les montreurs de bite du système scolaire.
Rendons donc grâce au vaillant Inspecteur d'Académie qui n'hésite pas à défendre ses personnels en leur évitant de fréquenter ce tortionnaire, ce Polpot des cours de récrés, n'ayons pas peur des mots ce vilain Monsieur !
Saluons le Juge qui va pouvoir le condamner pour "violence ou voies de faits sans itt" (oui, passqu'en vrai, il lui a pas coupé le moindre morceau, même pas une petite circoncision vite fait...)
Bon, y a bien une pétition de soutien mais je sais pas où, en tout cas pas sur le net, apparemment à Liernais y zont encore un seul minitel installé chez le secrétaire de mairie...
Alors tant pis, on pourra rien signer mais sachez cher collègue, qu'au nom de tous les P.I.M (Petits Instits de Merde) qui ont un jour menacé leurs monstres de : placard, taillage d'oreille, "j'va l'dire à ta mère", "si tu continues je l'dis au curé", "le premier qui bouge, je le balance par la fenêtre" et autres billevesées, vous avez le soutien, bien futile de ce blog.
PS : Si vous finissez par vraiment découper l'organe prépubère du jeune Kévin, je ne saurais trop vous conseiller de bien désinfecter le cutter, une infection est vite arrivée et c'est un coup à avoir des ennuis.
03 décembre 2008
Super rééduc se mouille !
Aujourd'hui', sans peur et sans honte, Superrééduc se mouille et écrit une lettre ouverte au président !
Cher président,
j'aime beaucoup ce que fait ta femme avec sa douce voix qui provoque des picotements là et là.
J'aime aussi beaucoup les belles montres et les Blackberry et même si je trouve les ray-ban ridicules (on dirait une vieille affiche de Top-Gun) je n'ai rien contre le fait que vous preniez vos vacances sur le yacht d'un ami, en fait je suis sur que si j'avais des amis ils me prêteraient leur yacht, malheureusement mon caractère aimable mais taquin me pousse à me fâcher, non seulement avec mes collègues, mes supérieurs hiérarchiques et ma boulangère, mais également avec mes amis et connaissances.
Je vous écris pour vous dire que je ne rentrerai pas avec mes amis de l'éducation nationale dans la résistance civique en refusant de mettre en œuvre les programmes réformes et autres billevesées que j'ai arrêté de lire depuis bien longtemps déjà. Je ne tiens pas à être convoqué chez mon inspecteur d'académie pour y faire mon intéressant.
C'est trop facile les lettres ouvertes ! Je préfère d'ores et déjà entrer dans la lutte armée contre les ultragauchistes terroristes du TGV... (n'empêche, si Ben Laden avait était un vrai terroriste et non une tafiole barbue, il aurait bloqué les ascenseurs des deux tours au lieu de les faire bêtement sauter, vraiment aucune imagination ces orientaux, depuis le pal tout se perd)
Mais voilà qu'encore une fois je m'égare (TGV) et en plein dans une lettre ouverte au président en plus...
Donc voilà, en cette période difficile ou la contestation bat son plein et où des enseignants de tous bords écrivent des tas de lettre pour vous clouer au pilori vous et vos ministres, je tenais à vous réaffirmer publiquement mon soutien.
Recevez donc, cher Barack, l'expression de mes sentiments distingués.
26 octobre 2008
Morte
La journée avait mal
commencé, le réveil m’avait comment dire, oui, c’est ça réveillé et ça déjà, ça
m’insupporte ! Normalement, j’ouvre les yeux juste avant lui, je me
prépare et hop, dès qu’il sonne, je lui coupe la chique avant même la fin du
premier « biiiiip »
Le soleil n’avait pas
encore pointé le bout de son nez, la démarche pesante du gars pas trop
réveillé, j’allais d’un pas alerte, mais alors pas alerte du tout… jusqu’à la
salle de bain en tentant de ne point inspirer les effluves de ma propre haleine
qui me disaient combien la nuit avait été longue…
J’allumais la radio,
pas tant pour les nouvelles que pour couvrir ces méchants bruits organiques qui
ont tant fait pour l’ambiance bon enfant des chambrées estudiantines mais
peuvent tuer un couple ou vous aliéner le respect de vos enfants s’ils en
profitent aux premières lueurs de l’aube… car je suis un père et un mari aimant
et délicat qui ne pète ni ne rote au foyer, ou alors c’est pour faire rire les
enfants en bas-âge et les grand-mères de
passage. Ainsi continué-je à trôner sur le piédestal que m’ont érigé mes
enfants sans qu’un vulgaire vent me fit tressaillir.
Or donc, je trônais, l’œil vague et la fesse molle lorsque la nouvelle de sa mort me frappa de plein fouet.
La CAMIF est exsangue,
condamnée, elle est déjà envahie par les vers.
Et moi qui ai dormi
toute la nuit sans même le savoir !
La CAMIF, c’est un peu
de mon enfance qui fout le camp.
Flashback…
Fier et unique rejeton
d’une Xième génération d’instits à la barbichette militante, je fus bercé aux généreuses
mamelles de la CAMIF… Mes jouets de noël
furent tous sans exception commandés en octobre, dès la parution du catalogue
hiver et ce, jusqu’à mon 18ème anniversaire, je m’en rappelle encore,
c’était un jeu éducatif Hasbro, recommandé par la communauté enseignante, le 18ème
que je recevais…
L’été quand nous descendions
dans le sud, on faisait un pèlerinage vers Niors, on passait exprès devant le
magasin, mon père, ce héros, la larme à l’œil nous contait alors l’histoire de
Nicéphore Camif, fondateur de la coopérative qui seule a su mettre à la portée
des bourses enseignantes le confort bourgeois à un prix raisonnable pour les
modestes travailleurs de l’état durs à la tache mais confortés dans la notion
de sacerdoce public par des salaires de merde qu’étaient mes parents.
Alors, bien sur, on ne
s’arrêtait pas chaque année, c’eut été trop dur d’enfiler les allées moquettées
de cette maison de Barbie grandeur nature, ou de rutilantes centrales à vapeur
faisaient de l’œil à ma mère qui en bonne épouse a toujours vénéré le repassage
et son mari.
Las, nous n’avions pas
toujours les 8699 francs que coutait en moyenne le moindre article de la CAMIF,
je sais vous allez me dire que c’est cher, mais merde ! C’était une
coopérative quand même ! Une putain de bonne idée de gauche, avec de la
solidarité dedans ! Pour employer des instits fatigués qui à la vue même d’un
enfant risquaient de faire une connerie ! Ça valait bien les 50% de plus
que ce qu’on aurait payé à l’hyper du coin !
Je vous le dit mes enfants,
acheter à la CAMIF, c’était un acte solidaire et social, du militantisme comme
on voudrait en voir plus souvent.
Et c’est sans doute pour ça que j’ai jamais rien acheté à la CAMIF.
Si, une fois, j’suis
allé au magasin de Toulouse (paix à son âme) et j’ai volé une pièce pour ma
cafetière nespresso, mais est-ce que ça compte vraiment ?
Ainsi aujourd’hui,
alors que les clients de la CAMIF l’ont désertée telles les puces quittant le
cadavre en putréfaction du bébé Bengali, je suis fier de n’avoir jamais été
client chez eux et donc de n’avoir en aucun cas participé à leur faillite en
les abandonnant lâchement !
A toute chose, malheur
est bon, des centaines de personnes au chômage, ça veut dire aussi beaucoup d’alcoolisme,
des femmes battus par leurs compagnons parce qu’elles ne perçoivent plus leur
salaire d’emballeuses ! et ça, c’est du terreau de choix pour des futurs
Kévins traumatisés par des divorces et des suicides en masse (mais je suis
optimiste là…)
Alors, gardons espoir
et haut les cœurs, la CAMIF est morte, vive la MAIF (qui, elle aussi gérée par
des instits, prouve jour après jour qu’il n’est nul besoin d’une quelconque
compétence pour survivre en ce monde hostile de l’économie libérale)
