superrééduc

Rééducateur de l'éducation Nationale, vous savez pas ce que c'est... p'tet bien que moi non plus d'ailleurs... Un blog dédié à toutes les quiches et leurs parents.

15 mars 2009

A quel âge on devient con ?

Lorsque l'enfant parait le cercle de famille fait péter une roteuse, le père de Kévin écrase une larme de joie et vomit sur la toile cirée de la cantine, et tandis que Sabrina se remet doucement des douleurs de l'enfantement en contemplant son œuvre, lui il va aux putes pour fêter l'événement.

Nous pouvons donc, sans désir aucun de heurter les chastes oreilles de nos lectrices fidèles, envisager l'hypothèse que le père de Kévin, que nous nommerons Bryan pour préserver son anonymat et le réalisme d'une situation purement virtuelle et théorique, est un con.

Si, c'est possible.

Il existe sur terre et parfois même proche de nous, un certain nombre de ces individus que nous pouvons sans hésiter classer dans la grande famille des cons.

Ainsi parlera-t-on des vieux cons quand on est jeune et des jeunes cons dès qu'on atteint la date limite de péremption au delà de laquelle mademoiselle Lulu de la rue des soupirs n'hésite pas à surfacturer la consommation.

Mais un jeune con, c'est allons, 13- 14 ans minimum, l'adolescence boutono-branleuse, où le lecteur MP3 greffé sur l'oreille Kévin se perce les furoncles pendant les cours de musique en reluquant lourdement la poitrine naissante de Sandy...

Alors je me pose la question, est-ce vraiment purement hormonal ? où y a-t-il quelques pré-requis, quelques discrets prémisses de connerie chez le jeune enfant de primaire, de maternelle voire de crèche ?
Y a-t-il des bébés cons ?

Il m'est arrivé, à mon corps défendant, de devoir recevoir une maman chargé de son vagissant fardeau, passque "vous comprenez, y a personne pour me le garder, à part qu'y aurait bien Yasmina la voisine, mais elle a déjà six enfants et puis, ces gens là, on sait pas trop comment il les élèvent et moi, j'ai pas envie que mon Steven ou mon Kévin y z aillent finir terroriste en Afghanistan... hein, vous comprenez ? (tu penses si je comprends, moi qui depuis trois mois essaie d'inculquer les rudiments de la latéralité au jeune Kévin (8 ans), je comprends que bouffer un couscous avec la main droite et se torcher le cul avec la gauche  ça pourrait l'aider, mais ma bonté et ma pudeur naturelle m'interdisent de le souffler à Sabrina...(je me rends compte à la relecture, car oui, je me relis, que cette explication sommaire mais juste, du coté impur de la main gauche peut heurter nos amis de confession musulmano-hindoue, bref toutes les religions où le coté gauche est impur à cause qu'à force il sent quand même un peu la merde, et c'est pas du racisme mais du constat, j'ai pas attendu d'avoir un cancer pour me foutre des malades, je compte pas me convertir avant d'égratigner les musulmans))

De toute façon toute son attention est canalisée par l'odorant Steven qui a su très vite s'emparer d'un marqueur bleu et qui tente un tatouage du sein droit de sa mère en bavant copieusement sur son chemisier en soie sauvage de chez Lidl, tandis qu'elle pousse de petits gloussements aigus qui me semblent signifier, "excusez le, c'est tellement mignon à cet âge..."

Non.

C'est pas mignon du tout.

ça bave, ça pue, ça bouffe tout ce qui traine, c'est pas foutu d'apprécier Céline (pas Dion hein ? le vrai...), ça ne fait pas de sudoku et surtout ça grandit.

Les bébés sont des cons. Tous.

Sauf les miens qui étaient adorables et avaient la décence de nous laisser dormir, il faut dire qu'ils étaient bien élevés, eux, et que nous avions exceptionnellement autorisé la nounou ramené en fraude et à prix d'or d'Éthiopie à dormir dans leur chambre afin de lui éviter de parcourir dans le froid les interminables couloirs du manoir familial où nous avions tenu à faire grandir notre progéniture. (il fallait voir la reconnaissance sur le visage de cette jeune fille dont j'ai oublié le nom, l'émotion et la gratitude se lisait tant sur son petit visage, qu'un instant je me suis demandé si nous n'allions pas demander sa régularisation.)

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01 décembre 2008

Barbe bleue, inceste et jokari

J'ai un groupe conte : alors là c'est de la prévention primaire en CP...

"- Mais dis moi Super, c'est quoi la prévention primaire ?
-Je te préviens, si tu continues avec tes questions à la con, c'est ma main dans la gueule !"

Voila : c'est ça la prévention primaire : c'est quand en début d'année scolaire les maîtresses elles ont pas encore craqué et elles ont pas encore dénoncé signalé les nouveaux Kévin, alors bon on fait quand même un truc ou deux histoire que le ministricule il nous fasse pas disparaître sous prétexte qu'on n'en fout pas une ramée pour vachement cher, mais ça risque pas, il est pas si con... (où alors on nous aurait menti ?)

Bon, moi normalement j'aurais du me planquer et me faire oublier dans le bureau de la directrice, mais là internet était dans les choux alors comme un con, j'leur ai proposé de prendre les CP : tous les CP de l'école ! !! en groupe de trois quatre (ça va, hein, j'vais quand même pas me taper une classe entière... enfin pas cette année) histoire qu'ils soient prévenus comme nous l'apprend Maryse Métra, la prêtresse des rééducateurs et de la maternelle.

Bon, prévenu de quoi, je sais pas trop, moi, Maryse Métra j'ai laché dès la troisième ligne (d'ailleurs, c'est étrange comme truc, ça m'arrive souvent avec les bouquins de pédagogo, alors que je peux lire des tomes entiers du journal de Mickey (oui, j'emmerde la gauche anti capitaliste !)), mais ça avait l'air super sérieux et que si on le fait pas, ça se trouve ils sauront jamais lire les CP et ça vraiment ça serait dommage...

Mais tout de suite lectrice avertie, je sens bien que la question te brûle les lèvres : pourquoi les CP ? est-ce parce que c'est une année charnière et que ce bon Superrééducateur sous ses airs de pas y toucher aurait une superconscience professionnelle ?

Que nenni !

Les CP, même les Kévinables, tu gueules un coup et y s'écrasent ! c'est pas comme ces délinquants en puissances que sont les CM et ça sent moins la pisse que les petites sections... et puis la maitresse des CP elle est jolie et même si ma libido est exclusivement réservée à madame Super, ça empèche pas de regarder le menu...

Bref, un sourire et me voilà embarqué une demie journée entière avec les nains, alors j'ai ressorti mon exemplaire de Bettelheim : la psychanalyse des contes de fées, histoire de pas rater leur traumatisme aux gluants... Et là, tu fais ton marché entre fantasme de dévoration (le petit chaperon rouge) réalisation de l'inceste avec son papa le roi (peau d'âne) et désir de mini partouze (Blanche neige)

Alors d'abord, faut trouver les versions anciennes, celles où la description des femmes égorgées de Barbe bleue elle fait au moins six pages avec du sang et des boyaux répandus à même le sol, (quand on sait comment il faut frotter pour récupérer un parquet...) et puis pour les groupes un peu chiant tu peux changer la fin... (genre c'est barbe Bleue qui gagne)

Ensuite tu lis avec application, en alternant chuchotements et hurlements, normalement, si tu t'y prends bien, y en a au moins 20 % qui se font dessus...( et là surtout, tu fait comme si rien ne s'était passé...)

Après le conte, on dessine et là surtout je donne que du noir et du rouge, ça serait trop con qu'ils fassent leur sempiternel soleil en triangle dans le coin supérieur droit de l'image et pourquoi pas une princesse tant qu'on y est ? Moi je dessine aussi, histoire de donner des idées à la petite Hélène qui s'obstine à représenter les têtes reliées au corps ! (bécheuse va !)

Quand c'est fini, y sont mûrs pour le reste de la journée... et pis sur l'ensemble, j'suis sur qu'y en aura une bonne dizaine de signalés par les zinstits à cause d'un comportement troublant (genre se jeter sous la table quand l'inspecteur rentre dans la classe ou décapiter la collection de Barbie de la petite Hélène...) ou même par les parents eux mêmes inquiets de voir le petit Xavier revêtir la peau du chat qu'il a écorché lui même au couteau plastique après avois maté sa maman sous la douche... (j'ai pris Xavier au hasard comme prénom, en vrai c'est Nicolas, mais je me suis dit que personne me croirait...)

Et comme la psy elle reçoit plus personne cette année histoire de lutter contre les décisions inique du général de Gaulle (oui, on a pas encore osé lui dire qu'on avait rendu l'algérie) c'est moi qui vait hériter de tous ces mignons petits anges...

Ben oui, faut bien entretenir son fond de commerce, c'est aussi ça la prévention primaire...

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22 octobre 2008

l'enfant qui murmurait à l'oreille des poubelles

- Tu vas voir, il est bizarre...

Ah oui, c'est vrai, il l'est...
bizarre.

Nicolas, que nous appellerons Kévin pour préserver son anonymat, quoiqu'il m'étonnerait beaucoup qu'il lise ce papier, Kévin, donc, parle à la poubelle qui est près du bureau : la jolie corbeille tressée à la main en plastique noir, sans doute par un enfant gâté au Pakistan (quand on mange, on est gâté, n'en déplaise à sœur Emmanuelle)
Enfin, quand je dis parle, il chuchote, car Nico Kévin est bien élevé (décidément, Kévin ça va pas , appelons le Chrisostome, ce sera plus simple...)! Il ne voudrait pour rien au monde interrompre la classe, d'ailleurs la poubelle lui a bien dit que si il gênait la maitresse, elle serait obligé de l'avaler tout cru. (la poubelle, pas la maitresse, et lui, pas elle, suivez un peu dans le fond !)
Donc Chrisostome discute avec la poubelle, en fait il négocie, pensez : il a pas envie de se faire avaler tout cru par une poubelle pakistanaise, et c'est pas parcequ'elle est pakistanaise car Chrisostome n'est pas raciste.
La preuve, il s'entend super bien avec ses crayons de couleur.
Sauf le vert.
Mais lui c'est un bêcheur.
D'ailleurs ses crayons, il les sort sur sa table pour les aérer (qu'il dit, en vrai c'est pour pas qu'ils s'ennuient dans sa trousse...)
L'autre poubelle du fond de la classe, elle est moins vache que celle du bureau, mais c'est parce qu'elle est près de la porte, ça se trouve elle cherche à s'évader.

Chrisostome a six ans et un bonnet qui en n'en a que deux mais qui sait super bien lire, il sait que s'il le garde sur la tête le matin, il apprendra à lire lui aussi.
Pis a écrire aussi.

Mais pas avec le crayon vert.

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03 septembre 2008

Back to school

Les braillements incessants de quelques morveux au teint rouge brique, agrippés à une mère larmoyante de façade (passqu'en vrai il lui tarde d'avoir enfin largué son monstre pour aller se faire réconforter la libido par l'installateur de 9 télécom tandis que son conjoint (et je pèse mes mots...) de mari poireaute consciencieusement au guichet 21 des Assedic afin de percevoir ses émoluments honnêtement gagnés sur l'autel de la sieste et de la recherche active d'un poste à hautes responsabilité aux PTT), les braillements disais-je, ont tendance à me les briser menues surtout s'ils durent.

Et là, ils durent.

Le travail, que dis-je le travail... la mission, que dis-je la mission... le sacrifice glorieux de Superrééducateur, consistant en ce début d'année à accompagner les « pov'chéris » dans leur première rentrée à l'école maternelle et ce dès leurs deux ans, le trou du cul fraichement torché et l'accident de vessie jamais loin.

L'enfant de deux ans est en effet un être totalement à part dans le règne animal qui ne s'apparente à aucun mammifère supérieur. Il s'agit d'un intestin un peu élaboré muni à ses deux extrémités d'orifices soit bruyants soit malodorants mais en aucun cas propices à la méditation transcendantale dont s'abreuvent les disciples du Dallai Lama (qui n'ont pas vraiment brillé aux JO soit dit en passant)

Le jour de la rentrée ils sont accompagnés par des utérus sur pattes, leurs hormones en avant tel l'étendard de Jehanne qui, elle au moins, sut rester pucelle, qui viennent nous montrer combien en bonne mère elles ont du mal à lâcher la septième merveille du monde en ce cloaque cacophonique qu'est la toute petite section.

La jeune instit, c'est sa première rentrée aussi, je la sens un peu fébrile, n'écoutant que mon professionnalisme, je ne me permets pas de la conseiller directement : à peine lui glissai-je : « Je pourrai pas rester longtemps, je vais juste t'aider à accueillir les parents... » et là perfide que je suis, je rajoute « Tu vas voir, on sera pas trop de deux... »

Je m'éclipse donc discrètement me faire un café car j’entends le troupeau qui se pointe au bout du couloir et je m'en voudrais de lui voler la vedette...

Quand je reviens, un petit quart d'heure plus tard le concert a commencé, il y a des braillards partout dans le couloir, quatre mamans dans la classe le kleenex à la main et le rimmel ruisselant, une grand-mère qui essaie subrepticement de repartir avec son petit fils, deux papas en larme et un autre prostré, l'Atsem court d'un mouflet à l'autre pour éviter les évasions, en jetant des regards furibonds sur la jeune maitresse qui arbore un sourire un peu figé, le regard vide en regrettant amèrement de n'avoir pas brillé au concours administratif des douanes françaises.

Me rappelant de vagues souvenirs hospitaliers, je « allons, allons » et autre « voyons, voyons » parmi les adultes présents en leur desserrant les mains des poignets de leurs marmots avant la fracture et en les poussant délicatement (vous me connaissez) mais fermement (vous me connaissez aussi) vers la sortie, je les rassure en leur affirmant qu'il est normal de souffrir un peu quand on abandonne son enfant qui jamais ne pourra plus vous regarder de la même façon, mais que, baste, c'est la vie et qu'elles ont eu le courage de les laisser aujourd'hui alors qu'elles auraient pu attendre qu'il ait six ans, âge de la scolarité obligatoire... mais qu'il est trop tard pour revenir sur sa décision, c'est fait c'est fait. Les ayant ainsi rassuré et ayant pris soin également de ramener la maitresse à l'intérieur de la classe, elle qui, coquine, avait profité du bazar pour tenter de passer inaperçue et de quitter le champ de bataille, (mais on ne la fait pas à Superrééducateur...) je rentre dans la classe et pousse un grognement d'ours... Les chiards interloqués se taisent, les plus émus se font un peu dessus, mais bon, ça c'est les risques du métier... « Les enfants, vos mamans sont parties, peut-être pour toujours, si vous voulez les revoir il va falloir obéir à la maitresse qui a l'air très gentille mais c'est juste pour rassurer vos parents ! Donc maintenant vous allez tous vous assoir aux bancs avec les mains sur les genoux comme le petit Grégoire dans son fauteuil roulant, non, sans baver, ce n'est pas nécessaire...  Allez, les enfants, soyez sages et à bientôt... »

Et là, fier du devoir accompli je m'en vais modestement, sur la pointe des pieds en songeant à tous ces petits traumatisés que je viens de me fabriquer et qui d'ici deux trois ans me permettrons de continuer mes aventures...

C'est pas beau ça ?

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03 juin 2008

Freud's bugs, le retour de la vengeance

Bon, maintenant que Bryan est né, il bouffe.

Stade oral.

Il chie.

Stade anal.

Il joue avec son kiki.

Stade phallique.

Il regarde le foot à la télé en buvant de la bière.

Stade de France.

Il rencontre Sabrina.

Stade phyllocoque.

Il joue avec son kiki à elle.

Le retour du stade phallique.

Il en chie.

Le retour du stade anal…

Il en parle longuement à son psy.

Stade oral is back.

C’était pas seulement psychosomatique…

Méta stades ?

Stade terminal.

C’est jojo l’asticot qu’est bien content.

Stade larvaire.

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02 juin 2008

Freud's bugs

S’il n’y prend garde le jeune Bryan, né de l’union contre nature et contre la porte de la cave 119 de la cité HLM les Feuilles cise en la riante bourgade d’Yvetot, aux environs de Rouen où l’abbé Cauchon fit bruler Jehanne lors d’une expérience scientifique visant à analyser la réaction exacte de la vierge guerrière portée à très haute température et qui contrairement au lait ne se lyophilise pas, le jeune Bryan disais-je avant de me laisser aller à des considérations culturo historiques qui n’ont rien à voir avec le sujet qui nous préoccupe, mais me permet de postuler pour la plus longue phrase de ce blog, le jeune Bryan va devoir se méfier dans son développement des Freud’s bugs tels qu’ils ont étés justement nommés par moi tout seul dans le titre de cet article.

Mais, dis-moi Superrééducateur, que sont donc ces Freud’s bugs à l’accent anglais dont tu nous cause et en quoi représentent-ils un danger pour Bryan, et puis d’abord, pourquoi Bryan ? Il est où Kévin ?

Je te réponds de suite, lectrice fidèle, mais avant un petit peu de réclame…

Idées noires, dépression ? Vous êtes las, sans être vraiment là ? Vos amis, s’il vous en reste, semblent vous éviter ? Vos enfants vous fuient et paient en retard le loyer de la verrière

Mieux que les pilules roses, plus efficace que le Deroxat, mieux remboursé que la psychanalyse, moins cher que le Prozac, socialement plus acceptable que le calva, il y a…

Superrééducateur

Sinon, le suicide, c'est bien aussi...

Bon, ça c’est fait…

Alors, c’est quoi un Freud’s bug ?

C’est quand une des fonctions qui contribue à la construction psychique de l’individu, pardon du sujet, merdoie et qu’au final c’est tout le sujet qui se met à cracher par terre en cours de récréation et à traiter la maikresse de pétasse.

Pour les cancres du fond on va les reprendre dans l’ordre :

La fonction maternelle : c’est la cuisine, le ménage et les couches à changer. La fonction maternelle est remplie par la mère quand c’est une femme consciente de ses devoirs de mère, et non une barbie pouf qui ne songe qu’à perdre les 18 kilos qu’elle a pris pendant la gestation en s’enfilant des tonnes de cochonneries et pas seulement des fraises achetées à prix d’or chez l’arabe du coin, heureusement qu’il était là celui là, c’est pas un auvergnat qui serait ouvert à une heure du mat’…

En plus de contingences strictement fonctionnelles, elle consiste aussi à produire constamment un tas de borborygmes, communément appelés gazouillis en vu de provoquer chez le primate en devenir un semblant de cri différencié que la maman (et oui, la bombasse à forte poitrine est devenu « maman », on est bien peu de choses tout de même…) s’empressera de traduire et d’interpréter comme de petits cris d’amour. La fonction maternelle se met au tricot et à la couture, elle brode des nounours en veux tu en voilà et commence en pleurant « l’Album de Bryan », ersatz de l’herbier de nos grands-mères où la première mèche de cheveux et le prépuce tout sec bien pressé entre deux buvards ont remplacé la renoncule et l’Angelica archangelica…

La fonction paternelle : c’est les claques dans la gueule. C’est plus festif.

La fonction paternelle est remplie par le père, ou plutôt par les pères, ceux qui se relaient au chevet de l’ex parturiente, au cas-z-où elle se déciderait à remettre ses hauts talons et son déguisement « barbi’spice de counasse »  achetés à crédit dans les pages sexy du catalogue « Quelle », qui les faisaient tant fantasmer quand elle était encore avec l’aut’spermatozoïde sur pattes qui l’a transformé en bonbonne à gaz dans un premier temps et maintenant en tas de guimauve ne s’exprimant plus qu’à coup de « ageuh ageuh » et s'est donc barré bien vite vers d'autres zaventures sans marmot.

Les fonctions paternelles et maternelles sont indispensables au développement de Bryan, si l’on veut qu’il soit un jour un brillant contremaitre et non un putain d’apprenti chanteur névrosé de la star académy. Mais là, j'ai un peu dormi pendant le cours, faut dire que c'était l'après midi et qu'au repas y avait des pieds paquets, c'est bon mais c'est lourd, toujours est-il que c'était un cours comme ça (voir figure un) avec tout plein de mots et tout et tout et ça m'étonnerait qu'on y ait dit que des conneries. Donc, vu que le titre c'était un truc genre "l'importance des fonctions maternelles et paternelles" je vous demande de me croire, c'est important.

Sans dec' !

La semaine prochaine, nous étudierons les différents stades : le stade oral, le stade anal, le stade phallique et le stade de France. Ainsi que l’Oedipe : c’est la sauce au fromage aigre-doux dans laquelle on trempe les chips mexicaines.

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31 mai 2008

C'est la vie...

Je viens de recevoir en pièce jointe d’un email envoyé par un mien ami (car j’ai des amis, et oui…) un fichier powerpoint me vantant les mérites de la lutte anti corrida avec de jolis taureaux au regard doux, et des chevaux éventrés, et des toréros déchiquetés et la tète alouette.

Toute vie est respectable.

Certes.

Mais d'abord, définissons la vie : est en vie ce qui peut mourir, et ce qui peut mourir, va mourir. C'est à peu près aussi inéluctable que l'ascension fulgurante de Cindy Sanders.

A partir de là, l'être humain (qui serait bien mal aisé à définir) n'étant pas uniquement à l'instar de Démosthène un suceur de cailloux, il a besoin pour se nourrir d'attenter à la vie d'autres organismes vivants, ben oui, même la tomate et le rutabaga...

A nous donc de définir dans quelles conditions, nous attentons à la vie d'autrui : c'est ce qu'on appelle la culture, et par extraordinaire, il n'existe pas une seule culture mais des milliers, toujours différentes et souvent antagonistes.

Parfois, on appartient à plusieurs de ces cultures antagonistes, moi par exemple, je regarde la nouvelle star et pas la star académie, j’aime Bones, pas Porté disparus et je préfère regarder les séries télés Est allemandes que de me droguer au cannabis. Mais je m’égare, revenons donc à notre propos.

La tolérance n'est qu'une culture parmi d'autres, d'autant plus pernicieuse que sous couvert de liberté elle se présente comme le point de vu le plus objectif et en vérité le seul valable. En plus c’est vachement à la mode et ça permet de se positionner comme un chouïa au dessus de la mêlée en ces temps de mondialisation à tout va. Et pis, ça fait de gauche, pas de gauche-caviar, non, de gauche-artiste-bohème-et-incompris. C’est ‘achement bien quand t’es instit : de gauche, artiste et incompris (d’ailleurs, pourquoi aucun éditeur ne m’appelle pour me publier mes chroniques comme les zaut’s blogueurs zinfluents ? Putains de capitalistes !)

Ainsi ne vais-je parler qu'en mon nom propre et non au nom d'une quelconque morale dite "universelle" :

Je n'aime pas la corrida, ni la viande de taureau un peu trop dure à mon goût et bien trop forte quand c'est mal cuisiné.

Le spectacle du taureau dégoulinant dans son sang comme celui du toréador éventré ont tendance à provoquer chez moi une légère nausée qui passe avec quelques bonbons à la menthe, mais ça fait grossir et vraiment j'ai pas besoin de ça.

Le fœtus un peu triste de disparaitre m'émeut de la même façon, comme m'émeut Précillia un peu paumée qui me demandait conseil (dans un ancien poste ‘achement ‘pécialisé où j’avais des Kévins et des Précilias mais grands et élevés aux hormones, même que c’est en les voyant ados que je m’suis dit qu’ça vallait p’tet le coup d’intervenir avant…) parce qu'elle est enceinte à 14 ans au lieu de me parler de ses difficultés à se concentrer en cours de géographie. Comme elle s'exprime mieux que le susdit fœtus, c'est elle que j'écoute et au bout du compte, c'est lui qui mourra... Et la décision ne sera pas facile pour la jeune fille (enfin quand je dis jeune fille, c’est un euphémisme, passque y a pas des masses de tourterelles dans le coin…) mais c'est la vie.

Je n'ai rien contre les "pros-life" mais je suis bien content de ne pas travailler avec eux. En fait, si,j’ai plein contre : je trouve qu’ils ont un bâton dans le cul et une tête à donner des petits noms à leurs hémorroïdes.

Je suis si sensible et pourtant…

Je mange des huitres vivantes avec un bon p'tit vin blanc bien frais, et j'adore ça.

Je n'irai pas faire souffrir mon ténia en arrêtant la viande de porc comme ça sans prévenir.

Parfois, je reçois des vidéos immondes par email, je n’arrive même pas à les regarder : une fois une femme lapidée, un accident de skate où la jambe part de travers, « papillons de lumière » de Cindy Sanders (encore elle). Mon immense respect pour la personne humaine en sort légèrement abimé, mais bon, elle en a vu d’autres la personne humaine (surtout quand elle a plus de 18 ans, une forte poitrine, une délicieuse fossette là, non pas là, là…)

Parfois c’est des diaporamas dégoulinant de couchers de soleils et de chatons qui m’envahissent la boite aux lettres et là j’ai du mal à me retenir et généralement je sors dans la rue histoire de gifler une vieille ou de bousculer un paraplégique. (c’est le printemps, ils commencent à sortir)

Sinon, c’est de la pub pour du viagra, mais je comprends pas pourquoi mon antispam ne marche pas, peut-être passque l’expéditeur c’est ma femme, faudra que je creuse ça…

 

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25 mai 2008

Les KGM

Je sais, vous allez me traiter d'illuminé, de pervers polymorphe ou de bulot soumis à la théorie du complot mais je persiste à penser que le Kévin n'est pas le fruit du hasard, il y a un but secret à son existence et ce n'est pas seulement de me faire chier ! En plus, moi j’suis pas du matin, alors bon faudrait voir à pas m’courir non plus !

Il est bon parfois de nourrir sa paranoïa d’une bonne dose d’observation scientifique pour ne pas sombrer dans la torpeur sucrée où voudrait nous maintenir un ministère dont je n’ose dire le nom même à voix basse.
Arrêtons-nous un instant et observons Kévin.

Le regard se pose d’abord sur une touffe de cheveux qui font dans l’ordre le désespoir d’un peigne et d’une mère un peu dépassée par des épis rebelles, car, oui ce Kévin ci est plus qu’un peu une caricature : le cliché du cancre dont on sait qu’il finira bien à la fin du film. Une espèce de Pierre Morhange, même qu’on aimerait être son découvreur : chez tous les enseignants ‘pécialisés ou pas y a un fantasme d’être m’sieur Clément, ou à la rigueur le Keating du Cercle des poètes disparus, voire Victor Novak mais là c’est vachement plus dur à imaginer.

Mais point de digressions aujourd’hui, j’irai droit au but telle la flèche du petit cupidon qui darde ses projectiles sur les seins naissants de Precilia que lorgne le Kévin en ce printemps qui n’a de saison que le nom vu que le réchauffement climatique nous a tout pourri le climat mais bon vu l’prix du pétrole elle va pas se réchauffer longtemps la planète, n’empêche c’qui nous faudrait c’est une bonne guerre froide… Mais si je continue à m’interrompre, je le finirai jamais cet article, et c’est pas moi qui aie un syndrome déficitaire de l’attention, m’en serais rendu compte tout de même… non ? si !

Et pourquoi pas parler tout seul, hein ? Mais non, y a les lectrices, même qu’elles laissent des commentaires, mais qu’est-ce qui me dit que c’est pas moi tout seul qui la nuit redescend à l’ordi pour me les envoyer les commentaires sur ce blog, putain y a pas à dire, si ça se trouve, j’suis sous psychotropes et même moi je le sais pas…

Non mais tu te rends compte, c’est épuisant d’être schizophrène.

Kévin réfléchit, et pas seulement les longueurs d’onde de la lumière visible, il a les yeux braqués sur le cahier du jour. Il sent bien qu’il devrait faire quelque chose, au fond de lui, il aimerait faire plaisir à sa maikresse, mais les mots sautent tous seuls dans tous les sens, les images du problème de math se mettent à grandir et à occuper la table entière.

De peur d’être submergé par l’encre, il se saisit bravement de son double décimètre et se lance dans un combat dont il sait pourtant qu’il finira vaincu. Mais Kévin est brave et courageux, à quelques siècles d’ici il aurait été mousquetaire, trafiquant d’esclave ou pirate des caraïbes 3.

Le monde de Kévin n’est pas limité par les murs verts « choux bouillis » de la classe des CE2, (vous avez remarqué la propension de tous les murs de n’importe quelle administration à finir par se ressembler tous) et il s’étend bien au-delà des grilles qui entourent la cour de récré, loin au-delà de la ville au pays des Pokémons en sucre qui font bien chier l’orthodontiste, là ou c’est Bob l’éponge qui s’envoie des lignes d’écriture à s’en faire exploser les synapses.

Le cerveau gauche de Kévin s’est arrêté de fonctionner avant qu’on lui ait laissé la moindre chance de s’en tirer avec une explication logique et formelle.

Mais ne nous leurrons pas, Kévin a de forte chance de n’être plus tard ni humoriste, ni artiste, ni poète, juste un con sans imagination aucune, voire même un fonctionnaire. Et ce quoiqu’on fasse pour l’aider (ou pas), passque faudrait quand même pas à votre âge qu’on vous laisse croire encore que c’est pas le talent qui fait le talentueux mais le travail et les opportunités ! Tout le monde ne nait pas Cindy Sanders !

Kévin a l’air un peu gêné par son appareil dentaire, alors ils le pose sur le cahier du jour : c’est très joli à voir, comme il écrit au stylo plume, une tache bleue, mélange de bave et d’encre turquoise, (du genre incompatible avec les effaceurs vous vous en doutiez) s’épanouit au beau milieu de la dictée, emportant avec elle les accords du participe passé que même dans tes rêves il n’avait jamais songé à graver entre ses lignes seyes.(encore que c’est bien prétentieux pour les quelques signes entre cabalistiques et rupestres qui ornent le joli cahier rouge en se gardant bien de chevaucher de vulgaires interlignes)

La maikresse l’a vu, bien vite, elle détourne les yeux pour ne pas avoir à faire une réflexion, une fois elle lui a proposé de détacher délicatement la page, l’ensemble de la classe se rappelle encore ce moment avec émotion… Elle évite également de me regarder, elle sait que je suis en observation neutre dans sa classe.

Kévin met l’équivalent énergétique d’une petite centrale nucléaire ukrainienne à ne surtout pas faire ce que l’école attend de lui, et comme toute centrale des pays de l’est, il fuit un ch’tit peu sur ses voisins, contagieux j’vous dis, faudrait pas autoriser la culture des Kévin en plein champs, à coté des élevages de morveux bien comme il faut !

Comment imaginer un instant qu'une telle perfection  puisse être le fruit de mère nature. Non non et non, mère nature a certes produit le yorkshire et la palourde qui sont des modèles d'évolution, mais elle a mis des millions d'années, tandis que le Kévin, lui, il n'a que 9 ans !

C'est pas un signe ça ?

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20 mai 2008

On a tous en nous quelquechose de Kévin

Tandis que ses camarades se concentrent sur leurs exercices de grammaire, Kévin se cure consciencieusement l'intérieur de la narine gauche, ce qui est, vous en conviendrez, le signe d'une prééminence du cerveau droit, et montre donc une impossibilité neuro physiologique du sujet à accorder le participe passé.
Impossibilité qu'on ne retrouve par ailleurs  que chez les grands artistes et certains enseignants du secondaires que nous ne nommerons pas ici par respect pour Proctor.
Son curage accompli, Kévin s'attaque à la boulette : alors là plus de trouble déficitaire de l'attention ! Kévin est concentré sur la tâche : ni trop grosse, ni trop sèche, la boulette de morve se doit d'avoir une consistance et une légèreté telle qu'elle ira sans peine se loger dans les cheveux de Myriam trois tables plus loin. La pichenette est précise et le coup imparable, avec l'aide de Dieu et grâce à ses allergies printanières qui lui font couler l'appendice nasal, Kévin va pouvoir redécorer son amie avant la récré : moins de temps qu'il n'en faut au pachyderme de M6 pour transformer le pavillon des Bidochons en palais de "Barbie trop hype" !

Et me voilà à l'observer du fond de la classe, et la nostalgie me prends à la gorge, c'était il y a ...
Oh putain déjà ?

Nous étions en 5ème. J'étais le plus petit de la classe. Quand ils ne me jetaient pas des pierres, mes camarades m'entrainaient avec eux dans des jeux tous plus originaux les uns que les autres, un jour m'enfermant dans le local à poubelles, un autre dans les chiottes, ils m'affublaient de petits noms affectueux "connard", "lèche-cul" et surtout "sac-à-merde",( las, on n'entend plus dans les écoles fuser ces surnoms fleuris) Tel un électroaimant toujours alimenté, j'attirais le con avec une régularité dont je suis fier encore aujourd'hui.
Bien entendu ça faisait beaucoup rire les filles de la classe qui regardaient amoureusement de leurs grands yeux bovins et pubères mes tortionnaires aux boutons d'acné qui en disaient tant sur leur virilité naissante, quoiqu'à l'époque leur virilité naissante, ils pouvaient toujours se la mettre sous le bras vu qu'on n'attaquait les travaux pratiques qu'une fois le bac en poche.   

Je m'installais au fond de la classe, tant pour avoir l'air rebelle que pour n'avoir personne derrière moi, et là, comme Kévin, je sculptais mes déjections nasales avec application (mais toujours de la narine droite car j'ai la fibre logico-mathématique) rêvant de vengeances et de combats glorieux où les filles de 5ème me verraient enfin sous mon  vrai visage : pas qui s'la pête mais fier tout de même. A mes pieds, soumis et tremblants, mes adversaires imploreraient mon pardon que je leur accorderais volontiers, histoire de les humilier un peu plus. Mais ce n'était que rêveries et fantasmes...
Alors, d'une main gauche rendue habile par l'entrainement, je catapultais systématiquement mes crottes de nez sur Isabelle, qui était encore plus petite que moi, avait eu la polio et en gardait une démarche bancale et un regard profond.
Elle, j'étais sur qu'elle ne me dirait rien.
Ainsi obtins-je pour la première fois un sourire de Framboise : la fille du charcutier-traiteur qui avait hérité de ce prénom à la con d'une maman esthéticienne ayant connu les frissons des amours interdites avec un étudiant soixante-huitard lors qu'elle était en formation et qui en avait gardé en plus de chlamydias une admiration sans borne pour les prénoms fruitiers (sa sœur s'appelait Camomille)
Notre histoire n'alla malheureusement pas plus loin que ce sourire et jamais je ne pus lui effleurer les tétés.
Mais je sus ce jour-là que pour approcher Barbie sans le physique de Ken, mieux valait-il s'en prendre à Cosette...

Kévin est content, repus, il a le nez vide ! L'oxygène qui lui envahit les poumons va peut-être lui aérer les neuronnes, mais n'y croyons pas trop.
Il m'a enfin aperçu, se lève discrètement en renversant la table de son voisin et piétine deux cartables pour me rejoindre dans de nouvelles aventures rééducatives.
Sa maîtresse aussi a l'air de respirer mieux de le savoir parti pour 45 minutes.

Aujourd'hui, j'ai sorti le trampoline, on va enfin savoir si le plafond est vraiment trop bas...

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16 mai 2008

Le conseiller pédagogique


Petit mammifère de l'ordre des lèche-cul, dans la famille de l'éducation Nationale. Animal timide, il vit le plus souvent caché entre deux écoles dans une 205 blanche. Il fait son nid à l'inspection départementale (qui se la pète en se nommant inspection académique alors que bon...) à côté du terrier de l'inspecteur de l'éducation Nationale auprès duquel il symbiose à tout va.

On peut l'apparenter au lémurien si l'on y tient vraiment, cependant ce n'est pas obligatoire, et en général on aura avantage à le comparer à un mollusque bivalve, ce qui, bien que faisant peu de cas de la zoologie, satisfait l'égo du P.I.M (Petit Instit' de Merde) qui, il faut l'avouer, le jalouse quelque peu.

Le Conseiller Pédagogique répond au petit nom de Nicéphore Pastoureau, il a le pelage doux, gris, la stature altière et le regard fixé sur la ligne bleue de la pédagogie nouvelle.

Au printemps, il quitte sa 205 pour aller parader auprès des jeunes Profdézécoles sortantes qui en fin d'année sont épuisées par un métier qui, décidément, ne ressemble pas du tout à ce qu'il y avait sur le prospectus. Angoissées par un mouvement auquel elles participent avec pour seul choix un poste en Zone d'Education Prioritaire ou en Zone d'Education Prioritaire, elles commencent à sortir l'attirail complet de "Barbie prête à tout" afin de s'assurer au moins une maternelle et pas des CM2 prépubères aux regards lubriques et aux grands frères fortement testostéronnés.

Bref, la douce Prodézécole flippe un max.

C'est alors que, sortant de sa réserve et de sa 205, le fougueux Cons'Péd lui propose en vrac : de l'aider à faire sa classe, le mouvement, d'organiser les sorties scolaires voire une p'tite copulation vite fait bien fait histoire d'arranger ce barème qui ressemble vraiment trop au QI d'Elysabeth Tessier pour pouvoir espérer à la rentrée autre chose que la CLIS autistes à fort potentiel schizoïde dans la zone industrielle, entre l'usine de retraitement des déchets et les abattoirs municipaux.

Sur un malentendu, ça peut marcher.

La femelle du conseiller s'appelle la conseillère ou Agripine Laguillier, selon qu'on est biologiste ou poète. Moins primesautière que le mâle, on peut lui trouver des qualités humaines mais faut chercher loin. Elle aussi niche  à l'inspection et rêve en secret de trahir son espèce en ayant des rapports contre nature avec l'Inspecteur d'Académie Lui-Même... Si on l'écoutait, elle n'adresserait pas la parole aux Profdézécoles, débutants ou non, cependant il lui faut bien nourrir sa portée, alors elle se force et tant pis si ça fait mal au cul.

Les petits du Conseiller et de la Conseillère gravitent autour du nid comme la mouche à viande persécute l'étron canin, ils rêvent de CAFIPEFM (c'est comme une sorte diplôme dont on éternue le nom et qui permet de frimer aux pots de départs des collègues retraités et/ou dépressifs) et se voient déjà débarrassés de ces vulgaires enfants rejoindre les hauts sommets de la pédagogie socio-constructiviste au goût si doux.

Parfois le conseiller pédagogique adresse la parole au membre du RASED qui comme lui a su se débarrasser des contingences d'une classe, laissant à ses collègues les plus vulgaires le soin d'assurer la garderie de 8h30 à 17h00. Ensemble, ils évoquent le temps béni où ils sévissaient en CM2 et que franchement, c'était pas si dur que ça d'avoir le calme dans la classe, et qu'à leur époque on avait la vocation oui madame, et que maintenant les jeunes, yzy croient p'us et c'est comme ça et pis c'est tout !

Puis le Conseiller distribue ses Conseils car après tout il est là pour ça.

Et le membre du RASED hoche la tête en le prenant pour un con, car lui aussi, il est là pour ça.

Posté par superreeduc à 19:50 - la Théorie - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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