12 avril 2009
Mais qui est vraiment Superrééducateur 5- Le Deutéronome
"La Sonnerie du Collège, en tout temps tu respecteras."
"Au Très Bons et Très Saint Règlement, tu te plieras"
L'année avait pourtant bien commencé, les appréciations flatteuses se succédaient sur mes copies, des notes à l'avenant, j'avais rejoint le club de judo local afin de me prendre des peignées plus souvent et sans que mes tortionnaires fussent punis, sous le regard judicieusement noir du Senseï local...
Je me socialisais et apprenait "l'ajustement des conduites émotionnelles" comme on dit maintenant quand on est un pro et je vous rappelle que j'en suis un, non mais, quand même, il serait grand temps d'instiller de la culture et de la science dans ce blog... Aaaaaaargh, sors de ce corps Sigmund !!!
Bref, j'étais gentil tout plein, vaguement amoureux d'une frisottée qui me snobait mais m'autorisait à lui porter son cartable et à lui filer mes bonbecs.
Le fils idéal..
Jusqu'au jour fatidique de la réunion parents profs.
Ce jour là, mes parents s'étaient fait beaux, comme à l'habitude, ils s'en venaient ensemble recevoir leur brassée de louanges et comment qu'ils l'avaient bien élevé leur rejeton, et comment que l'école de la république avait su repérer et former une de ses futures élites de la recherche fondamentale pour Père... et comment que les prières incessantes de mère avaient accouché du nouveau messie rien de moins. Toujours pas de basilique pour moi, mais mes parents avaient déjà commandé les plans.
Ils venaient donc en toute confiance recevoir leur dû : les compliments sans mélange de professeurs béats d'admiration tellement fiers d'accueillir en leur classe le ce mélange d'Einstein et de Gandhi. Père bombait le torse, l'air de rien, il demandait des nouvelles de ses anciens élèves mais pour de vrai, il voulait juste qu'on lui dise du bien de MOI... Mère, plus modestement jetais des regards discrets aux parents apeurés sachant qu'elle ne craignait rien, mon auréole la protégeait des contingences bassement matérielles et de la vindicte professorale.
La prof de math avait en permanence vissé sur le visage le rictus enjoué du pitbull mono maniaque, les dents jaunies par les gitanes papier maïs, son visage semblait tout droit sorti d'un cours de géométrie, dessiné par Picasso et colorié par Cartier Bresson.
Elle regarda s'asseoir mes parents en souriant puis, en détachant bien chaque mot, elle leur déclara doucement : "Votre fils ? Mais madame, c'est un affreux jojo !"
Bon, là tout de suite en écrivant, je me dis que c'est pas terrible, mais à l'époque c'est un tsunami qui s'abat sur les godasses de mes concepteurs, une pluie de grenouilles, un orage de sauterelles, bref les sept plaies d'Egypte... " Mais comment ? mais vous devez confondre ? Mais il a toujours été poli ? gentil ? " Mère en tremblait, elle avait sorti un rosaire vite fait et enfilait des "je vous salue Marie" en boucle histoire de prendre un peu d'avance sur l'exorcisme qu'il allait falloir pratiquer incessamment sous peu... Quant à Père, il se drapait dans sa dignité outragée, grandissant à vue d'oeil, il me fusillait du regard, oublieux de son enfance à pécher les canards du voisin pendant la sieste, amnésique des nombreuses conneries de sa propre scolarité : le républicain se sentait pousser des ailes d'archange vengeur, on allait voir ce qu'on allait voir...
Le reste de la visite se passa comme dans un de ces rêves pâteux d'où l'on ne peut s'extraire "bavard, agité, insolent...", putain, ils s'étaient donné le mot ou quoi ? seul le prof de dessin (à l'époque on n'avait pas encore élevé au rang d'Arts Plastiques les miteux dessins à la perspective approximative des collégiens) trouvait un certain humour à mes "productions" (essentiellement des caricatures de la prof de math sur les tables) il faut dire qu'il picolait sévère et qu'on l'avait en fin de journée...
Quelques profs rajoutaient bien que mes résultats ne semblait pas en souffrir, à leur corps défendant d'ailleurs, ils eussent compris qu'un cancre devint insupportable ils n'admettaient pas qu'un bon élève les fit chier de la sorte...
Le retour à la maison dans la GS break qui sentait le chien mouillé se fit dans un silence qu'on qualifiera de pesant car c'est l'expression consacrée, mais c'est à peine suffisant pour qualifier l'atmosphère pour le moins délétère qui suintais à travers tous les pores de Père et Mère qui enchaînaient en silence leurs gitanes histoire d'alourdir encore un peu l'ambiance... J'osais à peine respirer et commençais à imaginer ma future scolarité en maison de correction où les parents désespérés abandonnaient leur progéniture délinquante afin qu'ainsi exposé à la vindicte populaire ils expiassent leurs péchés sous les coups de fouets d'éducateurs garde chiourmes sévères mais justes qui allaient me remettre dans le droit chemin...
Moi qui n'avais à cet instant aucun mal à imaginer une bonne dizaine de stratégies pour me venger de la prof de math j'étais bugué !J'attendais l'engueulade qui ne se décidait pas à venir.
Je ne me souviens d'ailleurs plus de ce qui s'est passé ensuite...
La semaine dernière c'était la réunion parent prof au collège de MiniSuper, mon ainé. "Bavarde et manque d'attention" qu'ils disent sur le bulletin ! p'tit con va !
J'ai pas osé y aller.
05 avril 2009
Mais qui est vraiment Superrééducateur 4- Nombres
Elle s'appelait Rosine D., mais elle nous avait demandé de l'appeler Rosine tout simplement.
C'était une prof de français sans âge; une rescapée de mai 68 qui fleurait bon le patchouli, vous savez le prétendu parfum indien qui vous décapait les narines vous privant d'odorat pour les dix minutes qui suivaient les embrassades. Elle avait des cheveux bruns aux reflets auburn (mais aux cheveux seulement, je vous en prie...) avec des petites bouclettes là et là qui encadraient un visage taillé à la serpe et des yeux vert d'eau. Elle portait constamment des robes à fleur et un énorme sac à main en toile de jute dans lequel elle farfouillait frénétiquement pour sortir son paquet de Marlboro et un vieux Zippo afin de s'en griller une dans un coin de la salle de e en entrouvrant la fenêtre pour ne point polluer nos petits poumons fragiles.
Rosine avait du cœur.
Quelques minutes plus tôt...
Le jour de la rentrée, nous étions sagement rangés dans le couloir du collège, nous appliquant enfin à faire subir aux "petits" sixièmes ce que nous avions du endurer de ces cons de cinquième pas plus tard que l'an dernier, mais c'était bien fini, c'était nous les caïds maintenant, du moins pour les nains de jardins (tous plus grands que moi ceci dit, sauf peut être Jean-Bernard, mais lui, avait eu les deux jambes coupées par un alcoolique même pas anonyme qui l'avait fauché alors qu'il traversait la départementale un matin de printemps, On était super fiers d'avoir un infirme dans notre bahut, ça faisait bien chier les profs de sixième qui devaient faire cours au rez de chaussée, même que la prof d'anglais allait en faire une dépression... elle faisait une dépression tous les deux ans, une vrai horloge atomique...)
Or donc, nous attendions paisiblement l'arrivée de cette nouvelle tortionnaire prof dont radio collège n'avait pas entendu causer vu qu'elle venait d'être nommé à Trouducland, en jouant à une version améliorée du bowling mettant en jeu nos sacs et les frêles jambes des anus sur pattes fraîchement issus du primaire. Le meilleur pour éviter les sacs c'était Jean-Bernard et ses roulettes, il était super vif malgré un manque d'entraînement certain car peu d'élèves osaient le viser de peur qu'un pion ne nous fasse payer cher de s'attaquer au fils de l'homme de fer.
J'avais découvert qu'on se fait plus facilement des amis en étant un peu moins "bon élève" et un peu plus "polisson", pour ne pas dire machiavélique sadique et un sacré salaud... En passant, s'il est bien un film moralisateur et bien pensant aux relents d'encens et de vieille poussière d'églises bien comme il faut c'est "le dîner de con" : dans la vraie vie et particulièrement dans cette jungle qu'était alors le collège le con perd toujours à la fin après avoir bien fait rire les potaches sado-moqueurs chez qui j'avais décidé de prendre mes quartiers d'hiver afin comme je le signalais plus haut (enfin plus bas, vive la logique des blogs) de bénéficier d'une protection certaine que ne pouvait offrir un physique souffreteux d'hydrocéphale plus élevé aux mamelles de la littérature qu'à celle des sports de combats...
Donc, tandis que je lançais vaillamment mon sac en prenant soin de viser les pattes des filles vu qu'elles rendaient pas les coups et que si jamais elle tombaient, j'allais enfin pouvoir voir leur culotte, moi qui n'avais pas eu la chance d'avoir une soeur et devait fermer les yeux à la plage comme nous l'a demandé notre seigneur Jésus et monseigneur Gaillot alors jeune évêque responsable de la préparation à la communion et qui hésitait à me laisser bâfrer l'hostie vu qu'il doutait de la pureté de mes sentiments envers Dieu et ses saints.
Je visais donc une petite rousse fragile quand elle tourna au coin du couloir, chaussée de ses espadrilles violettes qu'elle devait acheter en gros vu que je ne lui vis jamais autre chose aux pieds. Je revois encore la scène : au ralenti comme au cinéma, mon cerveau m'implorant de ne pas lâcher la courroie du cartable et mes doigts se détachant un par un...
La nouvelle prof de français fit ainsi connaissance des cinquièmes D et de votre serviteur.
J'articulais laborieusement une excuse bidon "heuuuu, d'solé m'dame, l'ai pas fait exprès", le monde s'écroulait, j'allais être renvoyé : à l'époque le crime lèse-prof était passible de l'exclusion à vie du système avec émasculation et avenir certain à l'usine ou pire : le pensionnat jésuite... Je flippais donc ma mère comme on se plaît à l'énoncer en nos vertes et riantes banlieues...
Alors elle me regarda dans les yeux, se baissa et ramassant mon sac, me le tendit en souriant : "Mais bien sur, je me doute que tu n'as pas fait exprès, tu es un gentil garçon, ça se voit dans tes yeux..."
Comme je l'ai aimée à cet instant !
Elle nous a fait rentrer et nous a dit de nous asseoir où on voulait ! Je me posais au fond, mais la place que je voulais moi, c'était dans une autre pièce, une autre école, un autre pays et si y'avait des postes sur le vaisseau Enterprise j'aurais volontiers posé mes fesses dans une autre galaxie.
Elle nous a tout de suite mis à l'aise en nous demandant de la tutoyer et de l'appeler Rosine, au risque de forcer le trait "vieux con" c'était impensable à l'époque... On y était, la révolution était en marche et mon monde s'effondrait, où allait-on si on se mettait à tutoyer le prof ! Elle a continué en nous expliquant qu'on allait faire ensemble le programme, qu'on était solidaire et qu'on allait avancer ensemble ! Je me décomposais ! La solidarité maintenant ! Et pourquoi pas le travail d'équipe !
Heureusement le masque se fissura quand elle nous fit remplir La Sainte Fiche que tout collégien a du recopier des milliards de fois au moins dans sa scolarité avec nom, prénom, profession des parents et quoi-t-est-ce donc que vous voulez faire plus tard quand vous serez grand...
Cette fois-ci je m'inventais un père pasteur évangéliste, une mère au foyer comme Jeanne d'Arc et sept frères et sœurs, quant à ma future profession; j'expliquais hésiter entre militaire de carrière et alors prof de français si la grande famille de l'armée française ne voulait pas de moi !
Ça la fit rire !
Quand elle ne fumait pas ses clopes en regardant au loin, elle nous parlait de François Villon et de Boris Vian. J’étais le seul à la vouvoyer mais j'avais de plus en plus de mal... elle ne respectait ni l'orthographe ni sa hiérarchie au point qu'elle quitta l'éducation nationale aux environs de Pâques... , les autres s'en plaignirent un peu mais sans plus, les parents furent bien rassurés et sa remplaçante rattrapa le temps perdu a grands coups de dictées même pas préparées, la syntaxe y gagna ce que perdit la poésie.
Je me mis à détester la remplaçante avec beaucoup de facilité, il me serait d'ailleurs impossible de me rappeler son nom ni sa tronche...
Quant à madame D. nous n'eûmes plus eu de nouvelles, elle ne chercha pas non plus à savoir ce que nous devenions, ni même moi qui pourtant m’étais acharné à lui écrire des rédactions du feu de dieu toute l’année !
Elle a du m’oublier.
Salope.
31 mars 2009
Mais qui est vraiment Superrééducateur 3- Le Lévitique
"Au royaume des aveugles les borgnes sont rois" : élevé dans le respect du pape et de notre sainte mère l'église, je fus nourri aux citations bibliques aux messages subtils et encourageants...
"Au royaume des aveugles les borgnes sont rois"... celle là me fut servie et resservie régulièrement quand on pensait que ma tête menaçait d'imploser...
"Au royaume des aveugles les borgnes sont rois"... j'avais appris à lire trop tôt, sans que Mère y fut pour grand chose, énorme avantage des cours multiples j'écoutais les leçons de "grands" et comme ils étaient "aveugles" les leçons étaient sans cesse répétées lentement et en articulant bien... Je pris donc l'habitude de répondre à leur place et fut vite convaincu de précocité, en bon "borgne", on me fit "sauter" quelques classes.
A l'époque où les surdoués n'étaient pas encore des enfants "différents avec des problématiques pouvant entraîner un échec scolaire", mais juste des bons élèves qui faisaient chier le monde parce qu'eux-mêmes s'emmerdaient royalement, je me retrouvais immature au possible et haut comme un prépuce devant le portail vert vomi du collège.
J'étais petit, vêtu exclusivement de bleu marine en l'honneur de la vierge Marie et du souvenir maternel et ému des fiers militaires aux pompons rouges..., pas fâché de découvrir le monde moi qui n'avais connu que le giron familial, l'école se trouvant dans la cour de notre maison ou la maison dans la cour de notre école.
Les autres élèves m'appelaient "Racho", et même si j'en craignais certains, j'arrivais vite à monnayer une virile protection contre des services rendus en maths et français... Ma lâcheté s'accommodant fort bien de la présence rassurante de brutes épaisses et faciles à soudoyer.
Très vite, je pris conscience de la différence entre le collège et ma précédente situation : alors que mes parents entretenaient un semblant de protocole en demandant que je les vouvoie, je savais bien qui ils étaient et les respectaient comme monsieur curé me l'avait appris afin de ne pas faire pleurer le petit Jésus dans sa crèche.
Les profs par contre n'avaient pas cette aura imposée par l'usage et les bonnes manières, et tout de suite je les détestais.
Tous.
Même le prof d'art plastique, même la gentille et fofole prof de français, même le sévère prof d'histoire...
Je compris alors qu'il y avait deux clans : les grands cons qui savaient, et les petits cons qui ne savaient pas encore.
Je me trompais : certains grands cons ne savaient pas grand chose, certains petits cons ne sauraient jamais rien.
Je pensais le jour de la rentrée de sixième pénétrer un temple du savoir et de la connaissance, j'aurais été l'élève rêvé des cours de pédagogie : celui qui se pose des questions et recherche la transmission, qui demande à ce qu'on le nourrisse aux mamelles des sciences et de la littérature réunie.
Je découvris très vite que la bibliothèque du collège était aussi peu fournie que le bibliobus qui sillonnait la campagne et surtout qu'apprendre et réfléchir était rarement compatible avec scolarité au sein de la grande famille de l'éducation nationale.
Je m'aperçus également que certains profs ne m'aimaient pas, j'étais petit, aimable, le premier à lever le doigt, je n'avais que des bonnes notes et pourtant ils ne m'aimaient pas.
Les cuistres.
Une telle inconséquence était, vous en conviendrez, une terrible faute de goût.
Non qu'à l'époque je demandasse qu'on me bâtit une basilique, mais j'eusse aimé un tant soi plus de considération, ou à la rigueur une chapelle et encore, même pas Sixtine.
Mais non, ces rustres préféraient les enfants moyens, ceux qui profitaient bien gentiment de la pédagogie de haute volée, la mécanique de précision : celle qui ajuste le neurone au profil rêvé du pédaguigui pédagogo, ceux qui comprenaient doucement.
Je m'emmerdais...
Un an.
Poliment.
Puis je testais l'insolence et cessais définitivement :
de m'ennuyer...
d'aimer mon prochain comme moi même, je me mis à me préférer...
La misanthropie me tandis ses bras doux et lisses comme le crane du cancéreux après sa chimio, je m'éloignais du monde et me mis à léviter.
C'était décidé, je serais moine tibétain où rien.
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOhmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm.
25 mars 2009
Mais qui est vraiment Superrééducateur 2- L'Exode
Du brouillard de ma mémoire précocement agacé par un alzheimer précoce puisqu'il commença dès mes 20 ans, me reviennent quelques prénoms d'anciens élèves de l'école primaire où officiaient mes parents.
Ces élèves étaient en quelque sorte des fils rouges de la communale puisqu'ils y passèrent les seize premières année d'une vie autrement remplie de vins et spiritueux divers.
A cette époque l'éducation spécialisée en était à ses balbutiements et les parents honteux cachaient leurs tarés en ville tandis qu'à la campagne où nous vivions, le légume était accueilli à l'école à l'instar de toutes les autres victimes du syndrome d'alcoolisation foetale qui formaient alors le gros du troupeau du village de ... que je ne citerai pas pour que persiste un doute sur mon identité véritable et m'éviter ainsi les regards torves et méprisants des habitants de ...
Or donc, il arriva à Mère de garder une de ces cucurbitacées répondant si on parlait fort et lentement au nom de Yvon dans sa classe de GS-CP-CE1 jusqu'à l'âge de 12 ans, où il passa brillamment chez Père qui encadrait les CE2-CM1-CM2, là, il y resta jusqu'à ses seize ans où il rejoint la coopérative sucrière en tant que testeur de fermentation.
Yvon grandissait lentement, mais tout de même il nous dépassait tous d'au moins deux de ses têtes d'hydrocéphale. Il maîtrisait relativement bien le langage pour peu qu'il fut exclusivement composé de voyelles, mais ne semblait pas se décider à apprendre à lire et à compter au delà de un.
Son père était voleur de métier et de vocation, il circulait la nuit en mobylette avec une petite cariole et allait piller les résidences secondaires de parisiens nantis qui venaient ici respirer le bon air et la bouse en fin de semaine. Souvent, il n'allait pas plus loin que la cave et le cambriolage s'éternisant, finissait par se faire attraper par une maréchaussée finalement bienveillante qui le mettait à décuver quelques jours en taule.
Notre Yvon en profitait alors pour vivre quelques jours d'école buissonnière en attendant que Père vint le chercher par la peau du cul au taudis familial afin de le ramener sous les bons hospices de Jules Ferry convaincu de la haute et bienveillante responsabilité de l'école laïque, républicaine gratuite et tout et tout dans l'avenir radieux de ce futur énarque, tandis que Mère priait pour le salut de son âme et essayait de le pistonner auprès du curé afin qu'il devint enfant de choeur et soit ainsi plus prés du bon dieu qui pourrait montrer un peu plus de considération envers ses ouailles surtout les simples d'esprit comme on dit dans les zécritures..
Quand son abruti de père sortait de taule, il s'empressait d'engrosser son épouse et de foutre une rouste à son rejeton pour lui apprendre le respect de l'école que lui il aurait pu avoir le certificat si on lui avait donné sa chance, mais personne avait voulu, Yvon acceptait bien volontiers les remontrances outrées du caramboleur en articulant des "hanhans" du mieux qu'il pouvait.
A l'automne, Père nous amenait aux champignons en sortie pédagogique, les élèves par groupe de quatre, la consigne simple de ne ramasser que les gros trucs avec de la mousse et pas des lamelles et interdit de faire risette aux sangliers et aux pédophiles (qui n'étaient pas à la mode alors)
Il s'installait alors les pieds dans l'eau et surveillait du coin de l'oeil son petit monde et surtout les truites qui frayaient dans le ruisseau, quand je vous dit qu'instit chez les ploucs c'était pas une sinécure...
J'étais souvent dans le groupe de Yvon, il grimpait aux arbres comme un singe et bouffait des glands pour nous faire marrer, nous, en sympathiques garçons campagnards quelque peu bourrus, on profitait d'une de ses escapades aériennes pour se barrer et se planquer, on l'observait alors qui gémissait nos prénoms désemparé qu'il était et persuadé surtout qu'il allait s'en prendre une de nous avoir perdu. Parfois on lui jetait des bâtons et des petites pierres, pas tant pour lui faire mal que pour le terrifier, il poussait alors des hurlements enchanteurs.
Pour le coup, c'est nous qui prenions une volée. Le courroux de Père se nimbait d'une juste colère : "Vous allez arrêter de l'faire chier ! Vous voyez bien qu'il est naze ! Et toi Yvon, ta gueule ! Tu fais fuir les truites !"
Ainsi au fil du courant filaient les reflets argentés que nous ne mangerions pas ce soir, Yvon et peut être nous aussi nous sentions un peu responsable de l'exode des poissons vers ce que nous pensions être la mer des sargasses à l'époque où la biologie et nous ça faisait huit...
Père levait alors son bâton, fendait la rivière séparant les eaux et nous re-traversions le Jourdain afin de retourner à l'école par les champs, en groupe de 4 solidarisés par les coups de pieds au cul salvateurs de la justice divine.
Nous rentrions en classe.
20 mars 2009
Mais qui est vraiment Superrééducateur 1- La genèse
Je vins au monde un jeudi, unique fruit d'une institutrice consciencieuse qui ne se serait sûrement pas permise d'accoucher un autre jour. (cher Kévin apprends donc qu'en cette époque bénie et lointaine, le congé hebdomadaire était le jeudi, jour du manège enchanté)
J'aimerais dire que j'eus une enfance malheureuse et que je n'en sortis que grâce à la force de mon caractère et à un cirque itinérant qui passait par là et m'entraîna dans de folles aventures, m'obligeant à voler pour eux jusqu'à ce que je m'enfuisse et les dénonce à la maréchaussée (les gens du voyages étant tous des voleurs et des brigands avec leurs guitares, leurs bandanas et leurs clichés...).
Las, mon enfance fut rien moins que banale à tendance chiante, parsemée ça et là de quelques moments festifs où je dépiautais des fourmis après les avoir brûlées à la loupe comme me l'avait appris mon papa.
Point besoin d'un autre essai après m'avoir eu, me fut donc épargnée la honte d'avoir un frère où une soeur : sages qu'ils étaient mes parents surent se contenter de m'offrir un chien, de race bien entendu, c'était un noble setter irlandais qui répondait (parfois) au nom d'Ulysse, n'acceptait d'ordre qu'en gaéllique et bavait copieusement sur mes cheveux bouclés pendant les longs voyages nous menant sur les lieux de nos villégiatures estivales.
Mes parents officiaient dans une école publique, où mère faisait en cachette brûler des cierges en demandant au Seigneur de lui pardonner d'avoir épousé un rustre ça se trouve franc maçon qui dissimulait sous un physique agréable les cornes d'un suppôt de Satan anticlérical qui allait sans doute lui faire regretter de n'être pas rentrée dans les ordres comme son statut de cadette l'aurait voulu. Hélas, le regard tombant d'épagneul breton (dont j'ai hérité du coté droit celà dit, merci papa) lui avait fait perdre la tête et boum, la voilà loin du manoir familial durement gagné pendant l'occupation... à enseigner les taches ménagères à une classe de 49 élèves au QI cumulé de 112 car à l'époque les crétinettes campagnardes avaient droit (et devoir) à l'école ménagère jusqu'à ce qu'elles trouvent un mari ou un curé dont elles seraient la bonne pour les plus moches d'entre elles.
Mon père s'était retrouvé là après ses "colonies" : deux ans passés au soleil de Dakkar à attendre qu'on oublie de lui rappeler la guerre d'algérie où il n'avait pas, mais alors pas du tout l'intention de donner son corps ni son cul.
Habitué qu'il était à alphabétiser le tirailleur, il s'était retrouvé en Normandie à prêcher la bonne parole laïque à des culs terreux tentant pour la cinquième fois le certificat d'étude qu'on arbore fièrement de nos jours pour montrer à ces p'tits jeunes qu'à l'époque c'était quec'chose le respect de l'école.
Ils s'était donc rencontrés à une conférence pédagogique où comme maintenant on s'emmerdait, en bon fils je n'ose imaginer ce qu'ils se dirent et firent, toujours est-il que me voilà.
Je fus des lors élevé dans le respect de la religion, de l'état et de l'autorité bienveillant et conjointe du pape et du parti socialiste, j'appris à lire les saintes écritures et hara kiri.
Mère m'enseigna la lecture, Père les conneries autour, de cette époque je n'ai grand souvenir, à leur grand dam l'école primaire me glissa dessus comme un pet sur de la toile cirée, mon respect profond pour mes vieux chers parents me laissant penser que j'y pris quelque plaisir, bien que confusément il me semble tout de même me rappeler m'y être bien fait chier...
12 mars 2009
Cérémonie des oscars
2008 un cancer
2009 mon poste ferme
j'attends 2010 avec une certaine impatience.
C'est si soudain, j'avais rien préparé...
Je tenais à remercier toute l'équipe, les techniciens des commissions paritaires, les collègues représentants syndicaux et surtout le tout petit bras droit de notre honorable inspecteur d'académie qui a décidé de me faire rentrer dans le rang passque j'ai été vilain et insolent avec son altesse. ça se trouve c'est un des lecteurs honteux de ce blog qui trouve que quand même j'en rajoute...
Quoi parano ?
Quoi persécuté ?
Mon poste est donc transformé en poste surnuméraire dans une écoliscule à trois classes plus un placard chauffé assez grand pour m'accueillir.
Mon rêve. L'aboutissement de toute une carrière à dire du mal de mon collègue et voisin, à mépriser enfants, parents et inspecteurs autres.
Un instant j'ai cru que c'était un de mes potes du réseau qui allait profiter de l'aubaine, mon coup de génie aura été de traiter le petit inspecteur tout nerveux de fainéant, c'est venu comme ça, naturellement, pas peu fier qu'il est le Superrééduc.
Bon, j'espère quand même que je vais l'avoir ce boulot de dans un an passque une planque pareille tu penses qu'elle va être demandée ! ça se trouve le petit inspecteur lui même va postuler...
Enfin, ça va me laisser du temps pour le blog et pour avancer dans l'écriture de mes mémoires qui n'ont rien à envier au défunt catalogue de la Camif tout en gardant la finesse des notices de montages de meubles suédois dont je ne citerai pas pour ne pas faire de pub éhontée à Ikéa...
J'apprends à l'instant que c'est confidentiel et secret, il faut surtout pas en parler, la commission officielle n'a pas eu lieu, oh ben zut alors, moi qui ai déjà cliqué sur publier...
Trop bète hein ?
09 mars 2009
Je m'ennuie
P'tit passage à vide...
Reviendrai un d'ces jours, où alors sur un autre blog, pour soutenir les IUFM par exemple... non j'déconne, qu'elles crèvent.
Ce trimestre, le nombre de séparation augmente en flèche et les
traumatismes s'installent chez les petits zamours qui se mettent à
dessiner des bites en marge de leurs cahiers au lieu de silencieusement
reluquer les fissures au plafond. Alors tout de suite ça émeut les
maitresses, ça ravive leur attention, elles dont le couple bat devinez
quoi, de l'aile... et qui c'est-y qu'on appelle comme s'il avait que ça
à foutre : Superrééducateur !
Ouais, passque dans les livres, on dit
que c'est un boulot pour super psycho, mais dans les fait notre
pachyderme est peu apte à traiter ce genre de cas tandis que moi, vous
me connaissez... la délicatesse faite homme.
Alors j'aiguise mon
sens de l'écoute et m'en vais recueillir les potins tout frais du
landernau local. Pour le coup, c'est bien d'avoir une éthique en stock
passque j'vous jure que les gamins, c'est pire que des enregistreurs à
disque dur, ça retient tout et ça répète tout !
Ainsi, le "tonton"
de Kévin s'est fait casser la gueule par le copain de la maman du même
Kévin et maintenant il vient que quand le dit copain n'est pas là, même
que maman elle a dit qu'il fallait pas lui en parler c'était sur...
Bon alors évidemment, ya c'te p. de déontologie, mais quand le papa de Prescillia passe avec son oeil au beurre noir tout frais... je ne puis m'empêcher d'étouffer un rictus.
07 janvier 2009
Putain de reprise...
A l'heure où les militaires israéliens s'amusent avec les puzzles d'enfants palestiniens tandis que leurs petits camarades du Hamas jouent à la bataille navale grandeur nature en espérant à l'aveugle, toucher eux aussi une école, je me demande si c'est vraiment opportun de vous souhaiter une bonne et heureuse année...
Décidément, je dois être un véritable fainéant estampillé, vu le peu d'enthousiasme que je mets chaque année à me rendre au boulot plutôt qu'au ski... (et en plus, j'aime pas le ski...)Vous me direz, qu'est-ce que ce serait si t'avais un vrai travail ?
Ben en fait, j'ai oublié, ça fait trop longtemps que je suis dans l'éducation nationale.
En fait, c'est dégueulasse, moi, toutes ces vacances, j'y suis habitué, je dirais même plus : accro, voilà, c'est ça, je devrais porter plainte contre notre ministère : à force d'être en congé, on s'habitue et les reprises sont de plus en plus dures...
Alors on se concocte une série de p'tites phrases toutes faites pour se donner du courage et trouver un réconfort dans le labeur quotidien...
florilège en passant :
- Ouais, en fait, tu vois, avec chaque classe c'est différent, même avec le même niveau, tu vois, les élèves changent, on s'ennuie jamais... (faux... j'ai souvent réussi à m'emmerder 7 heures sur 6, y compris quand j'étais élève...)
- C'qu'est super quand t'es instit, c'est de faire toutes les matières, tu vois, genre l'art pla', la musique et les sciences nat' (tu parles... les colliers de nouilles et les expériences des petits débrouillards dont la plus dangereuse consiste à faire fondre un glaçon à la lumière du soleil, j'ai vu mieux pour m'épanouir)
- Ouais, mais avant tout, y a le contact avec les gosses, c'est quand même irremplaçable. (pas vrai, ça sent autant la pisse dans les maisons de retraite que dans les maternelles...)
Bon, voilà pour la nouvelle année... j'ai pris tout plein de bonnes résolutions, dont celle de demander l'inscription sur la liste d'aptitude des directeurs, histoire que si mon Darcosounet y ferme le poste j'aille au moins faire mon intéressant à traumatiser les parents et les collègues en gagnant trois sous de prime plutôt que juste faire la classe comme le reste du troupeau et embéter que mes élèves...
L'entretien fut encore un grand moment vu le peu de motivation que je montrais face à un IEN bien sérieux et très roquet du haut de sa stature Sarkosienne, (il ne devait pas dépasser le mètre vingt) et mon inspecteurounnet que j'aime bien et qui essayait de rattraper mes horreurs tant qu'il pouvait car il m'aime bien le brave homme (merci m'sieur de m'avoir "rattrapé"... en même temps, vu que j'ai déjà eu l'insigne privilège de diriger une école d'une main de fer et que l'Education Nationale m'a déjà payé une formation autant couteuse qu'efficace, il eut été beau voir que vous ne m'inscrivissiez point sur votre liste à la con.) Me voilà donc à nouveau apte à demander une direction, voire pourquoi pas un poste de dictateur centrafricain, car malgré une baisse de forme passagère, j'aspire toujours à conquérir le monde même si celui-ci, parfois, ne me mérite pas !
En attendant, mes kévins se portent bien... c'est pas eux qui se feraient intoxiquer par du lait à la mélanine, non... c'est résistant les pauvres chez nous, p'tet à cause de la CMU ? et les parents de Précillia ne s'étant toujours pas décidés à la confier à la DDASS (parce qu'elle le vaut bien...) je me vois dans l'obligation de me rendre dans les écoles chaque matin aux aurores ou quasi... la vie est mal faite tout de même !
Et j'en terminerai sur une note optimiste : 0/20, (ben en fait, on peut rarement avoir pire alors, c'est vachement optimiste pour l'élève, et mettre un 0/20 pour un enseignant, c'est qu'il est vachement optimiste s'il compte retrouver sa voiture ET ses pneus à l'endroit où il les a laissé en arrivant...)
03 décembre 2008
Super rééduc se mouille !
Aujourd'hui', sans peur et sans honte, Superrééduc se mouille et écrit une lettre ouverte au président !
Cher président,
j'aime beaucoup ce que fait ta femme avec sa douce voix qui provoque des picotements là et là.
J'aime aussi beaucoup les belles montres et les Blackberry et même si je trouve les ray-ban ridicules (on dirait une vieille affiche de Top-Gun) je n'ai rien contre le fait que vous preniez vos vacances sur le yacht d'un ami, en fait je suis sur que si j'avais des amis ils me prêteraient leur yacht, malheureusement mon caractère aimable mais taquin me pousse à me fâcher, non seulement avec mes collègues, mes supérieurs hiérarchiques et ma boulangère, mais également avec mes amis et connaissances.
Je vous écris pour vous dire que je ne rentrerai pas avec mes amis de l'éducation nationale dans la résistance civique en refusant de mettre en œuvre les programmes réformes et autres billevesées que j'ai arrêté de lire depuis bien longtemps déjà. Je ne tiens pas à être convoqué chez mon inspecteur d'académie pour y faire mon intéressant.
C'est trop facile les lettres ouvertes ! Je préfère d'ores et déjà entrer dans la lutte armée contre les ultragauchistes terroristes du TGV... (n'empêche, si Ben Laden avait était un vrai terroriste et non une tafiole barbue, il aurait bloqué les ascenseurs des deux tours au lieu de les faire bêtement sauter, vraiment aucune imagination ces orientaux, depuis le pal tout se perd)
Mais voilà qu'encore une fois je m'égare (TGV) et en plein dans une lettre ouverte au président en plus...
Donc voilà, en cette période difficile ou la contestation bat son plein et où des enseignants de tous bords écrivent des tas de lettre pour vous clouer au pilori vous et vos ministres, je tenais à vous réaffirmer publiquement mon soutien.
Recevez donc, cher Barack, l'expression de mes sentiments distingués.
26 octobre 2008
Morte
La journée avait mal
commencé, le réveil m’avait comment dire, oui, c’est ça réveillé et ça déjà, ça
m’insupporte ! Normalement, j’ouvre les yeux juste avant lui, je me
prépare et hop, dès qu’il sonne, je lui coupe la chique avant même la fin du
premier « biiiiip »
Le soleil n’avait pas
encore pointé le bout de son nez, la démarche pesante du gars pas trop
réveillé, j’allais d’un pas alerte, mais alors pas alerte du tout… jusqu’à la
salle de bain en tentant de ne point inspirer les effluves de ma propre haleine
qui me disaient combien la nuit avait été longue…
J’allumais la radio,
pas tant pour les nouvelles que pour couvrir ces méchants bruits organiques qui
ont tant fait pour l’ambiance bon enfant des chambrées estudiantines mais
peuvent tuer un couple ou vous aliéner le respect de vos enfants s’ils en
profitent aux premières lueurs de l’aube… car je suis un père et un mari aimant
et délicat qui ne pète ni ne rote au foyer, ou alors c’est pour faire rire les
enfants en bas-âge et les grand-mères de
passage. Ainsi continué-je à trôner sur le piédestal que m’ont érigé mes
enfants sans qu’un vulgaire vent me fit tressaillir.
Or donc, je trônais, l’œil vague et la fesse molle lorsque la nouvelle de sa mort me frappa de plein fouet.
La CAMIF est exsangue,
condamnée, elle est déjà envahie par les vers.
Et moi qui ai dormi
toute la nuit sans même le savoir !
La CAMIF, c’est un peu
de mon enfance qui fout le camp.
Flashback…
Fier et unique rejeton
d’une Xième génération d’instits à la barbichette militante, je fus bercé aux généreuses
mamelles de la CAMIF… Mes jouets de noël
furent tous sans exception commandés en octobre, dès la parution du catalogue
hiver et ce, jusqu’à mon 18ème anniversaire, je m’en rappelle encore,
c’était un jeu éducatif Hasbro, recommandé par la communauté enseignante, le 18ème
que je recevais…
L’été quand nous descendions
dans le sud, on faisait un pèlerinage vers Niors, on passait exprès devant le
magasin, mon père, ce héros, la larme à l’œil nous contait alors l’histoire de
Nicéphore Camif, fondateur de la coopérative qui seule a su mettre à la portée
des bourses enseignantes le confort bourgeois à un prix raisonnable pour les
modestes travailleurs de l’état durs à la tache mais confortés dans la notion
de sacerdoce public par des salaires de merde qu’étaient mes parents.
Alors, bien sur, on ne
s’arrêtait pas chaque année, c’eut été trop dur d’enfiler les allées moquettées
de cette maison de Barbie grandeur nature, ou de rutilantes centrales à vapeur
faisaient de l’œil à ma mère qui en bonne épouse a toujours vénéré le repassage
et son mari.
Las, nous n’avions pas
toujours les 8699 francs que coutait en moyenne le moindre article de la CAMIF,
je sais vous allez me dire que c’est cher, mais merde ! C’était une
coopérative quand même ! Une putain de bonne idée de gauche, avec de la
solidarité dedans ! Pour employer des instits fatigués qui à la vue même d’un
enfant risquaient de faire une connerie ! Ça valait bien les 50% de plus
que ce qu’on aurait payé à l’hyper du coin !
Je vous le dit mes enfants,
acheter à la CAMIF, c’était un acte solidaire et social, du militantisme comme
on voudrait en voir plus souvent.
Et c’est sans doute pour ça que j’ai jamais rien acheté à la CAMIF.
Si, une fois, j’suis
allé au magasin de Toulouse (paix à son âme) et j’ai volé une pièce pour ma
cafetière nespresso, mais est-ce que ça compte vraiment ?
Ainsi aujourd’hui,
alors que les clients de la CAMIF l’ont désertée telles les puces quittant le
cadavre en putréfaction du bébé Bengali, je suis fier de n’avoir jamais été
client chez eux et donc de n’avoir en aucun cas participé à leur faillite en
les abandonnant lâchement !
A toute chose, malheur
est bon, des centaines de personnes au chômage, ça veut dire aussi beaucoup d’alcoolisme,
des femmes battus par leurs compagnons parce qu’elles ne perçoivent plus leur
salaire d’emballeuses ! et ça, c’est du terreau de choix pour des futurs
Kévins traumatisés par des divorces et des suicides en masse (mais je suis
optimiste là…)
Alors, gardons espoir
et haut les cœurs, la CAMIF est morte, vive la MAIF (qui, elle aussi gérée par
des instits, prouve jour après jour qu’il n’est nul besoin d’une quelconque
compétence pour survivre en ce monde hostile de l’économie libérale)
