superrééduc

Rééducateur de l'éducation Nationale, vous savez pas ce que c'est... p'tet bien que moi non plus d'ailleurs... Un blog dédié à toutes les quiches et leurs parents.

02 septembre 2009

H1NA

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa......
Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa....
Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa...
tchoum !!!!!!!!























...























et b'erde, j'ai jobé la cribe ou guoi ?

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25 avril 2009

Allo Macha ?

Allelouäi, joie sur terre et au plus-z-haut des cieux, j'ai deux lectrices qui ne font pas partie de ma famille, dont je vous rappelle que la plus grande partie a du fuir au Chili au temps de tonton Pinochet afin de fuir une justice française revancharde et franchement un p'tit peu mal élevée à insister de la sorte...

Fantomette : "les parents d'élèves sont devenus fous, comment pallier au manque d'éducation à la maison, difficile de faire le poids face à la télé ? Plus de respect, plus de sanctions, comment simplement continuer à enseigner ?"

Tout d'abord point de chichis entre nous, Fantomette, vous pouvez m'appeler Super tout simplement. Mais lançons nous tel le hérisson en rut sur l'éponge à gratter avec tout d'abord une analyse de votre question (que nous appellerons une problématique histoire de vous rappeler qu'avec mon air con et de fort pots de vins, j'ai tout de même fait quelques études...)

On y va...

"Les parents d'élèves sont devenus fous"

Encore faudrait-il qu'un instant, un instant seulement les parents ne l'eussent pas été : fous. Je m'explique... A peine sortie de l'adolescence boutonneuse à s'échanger des crèmes anti acné et l'adresse mail perso de Julien Doré, si j'te jure et en plus y répond si t'es super jolie, la jeune Précillia à la taille fine et aux seins fermes a rencontré le beau et ténébreux Kévin au tuning plus explosif qu'un slip de repris de justice qui sort d'isolement. Ils se sont croisés au Macumba, ses yeux à lui semblaient rivés aux siens à elle, leurs mains s'effleurant à peine aux rythmes endiablés de reprises de la compagnie Créole par les anciens de la Star'Ac en concert exceptionnel ce soir là, entrée gratuite pour les filles seules (les moches)
Tout de suite, elle fut séduite par respectivement : son charme, son bagout et sa 205 GT super avec des flammes, j'te jure on dirai qu'il sort des enfers ! Un rebelle ! Et pis pas un seul bouton le Kévin, une vrai pub pour Biactol...
Ayant investi lourdement dans de savants cocktails afin de séduire la belle, il se trouva malencontreusement que Kévin n'avait plus une seule pièce de monnaie afin d'assurer à la belle Précillia des amours prophylactiques tant recommandés en nos temps èmestésiens.
Las, il était beau et lui affirmait qu'elle était la seule, elle était seule et vierge comme on peut l'être à cet âge et malgré de nombreuses virées au Macumba Club...
Le Sida, dieu merci ne passa pas par eux, mais Bryan si, par elle, neuf mois plus tard.

Pause numéro un : je ne sais pas s'ils étaient fous, mais en tout cas un peu cons tout de même, ce qui nous laisse présager de l'avenir du petit Bryan, oh je sais, la génétique ne fait pas tout, il y a l'éducation aussi, non ?

Car, il faut bien avouer que l'arrivée d'un enfant change la vie comme on dit chez les bisounours, je dis souvent pour rassurer les parents que je reçois : (ce conseil vous est offert par les laboratoires Boyron)
"Ne vous en faites pas, votre vie ne sera pas plus difficile maintenant qu'il est en difficulté, c'est le jour même où il est né que votre vie a été foutue ! à l'instant précis où vous n'avez pas fuit en courant comme le bon sens l'aurait voulu, alors à coté de ça, qu'il morde la maitresse vous savez..." et ils repartent heureux et rassurés, à tel point que je ne les revois plus jamais, c'est dire si ça leur a fait du bien (malgré tout ce que raconte leur avocat, mais vous savez comment sont ces gens...)

Une première réponse donc : les parents ne sont pas devenus fous par hasard, ils peuvent l'être devenus parce qu'ils sont parents, avant, ils étaient simplement cons.

"comment pallier au manque d'éducation à la maison, difficile de faire le poids face à la télé..."

Comme souvent, la solution est limpide et contenue dans la question : Passez à la télé, si possible parcequ'on vous a soupçonné d'un crime horrible, où parce que vous êtes l'amie intime de Véronique Courgeau, la madame Picard des maternités, reine du foetus melba. Vous y gagnerez en reconnaissance télévisuelle ce que vous y perdrez en effectif qui demandera une dérogation pour aller dans l'école voisine : double avantage, moins d'élèves et plus de respect des parents qui restent. Pour mes collègues mâles qui lisent le blog en cachette, je ne saurais trop recommander une mise en examen pour pédophilie assortie d'un non lieu : trop class !
Autre moyen : écrivez un livre sur l'abandon de la méthode globale et le retour aux vrais valeurs de la famille française, celle qui a un réfrigérateur Frigidaire et des chaussures à talons plats, vous passerez chez Ruquier voire au journal de 13 heures de Jean-Pierre Pernaud, putain de consécration ! et là, direct, les parents ils te prennent pour Super Nanny, moi d'ailleurs depuis que j'ai les mêmes lunettes qu'elle et ben je te jure, ça marche le regard méchant et la bouche pincée comme un anus de poulpe !

Alors ? C'est pas du conseil de pro ça ? en plus pas compliqué à mettre en œuvre non ? mais je vous sens réticente avec le petit effort que je vous demande, alors je m'en vais encore une fois vous mâcher le travail...

"Plus de respect, plus de sanctions, comment simplement continuer à enseigner ?"

Bon attention c'est chaud :

Le manque d'éducation à la maison, le respect et tout ça...
On s'en fout

Voilà.








Quoi, vous êtes encore là ?



Non, je vous jure... Les gosses, ça peut être des pestes à la maison, ça peut faire des crises dans les supermarchés, tout ce qu'on veut nous, c'est qu'en classe, ils fassent pas chier le monde !

Ouah, ça fait du bien de crier...

Non mais c'est vrai ça, les parents, y-z-hésitent pas une seconde à développer des stratégies top fines, des trésors d'astuce et tout pour avoir la paix à la maison, y a le chantage, la beigne, privé de télé, d'ordi, de hamster ou de petite sœur, les bonbons, le chocolat, la tante qui pique, le week end chez mémé qui sent un peu, les jouets qu'on va donner à l'abbé Pierre pour les pauvres si tu ranges pas ta chambre (j'imagine la tombe de l'abbé Pierre avec tous les playmobils de microSuper...) coercition et négociation ça s'appelle, c'est l'éducation moderne pour vous... avant c'était pareil sans la négociation...

Mais vous, pauv'cloches d'enseignantes à qui on a appris à l'Iufm (à prononcer littéralement on dirait une allergie...) J'en croise sans arrêt des qui font semblant de croire en ce que de vieux beaux pistonnés aux adages bien comme il faut leur ont surriné deux année durant : l'enfant doit investir les apprentissages pour lui même et en dégager un plaisir personnel et pur.

Apprendre pour le plaisir d'apprendre, faire ses maths pour atteindre le nirvana républicain de l'égalité fraternelle (en oubliant la liberté de rien foutre) soutenir le camarade plus faible à la démarche orthographique hésitante, respecter l'enseignant pour ce qu'il représente du poids des siècles écoulé depuis grand papa Charlemagne...

Conneries.

L'enfant vient à l'école passqu'il a pas le choix, il y reste passqu'y a les récrés, il vous respecte passqu'il a peur de vous. Et pis c'est tout.

Et s'il a pas peur de vous (coercition) il vous reste le chantage (il a bien peur de quelqu'un non ? le directeur, le maitre G, son beau père, le gendarme municipal...) et la corruption (bons points, bonbons (si en plus il a peur du dentiste vous tenez là un double effet Kiss Cool))

Petite précision sur le chantage éducatif : il existe un chantage officiel reconnu d'utilité publique par les inspections académiques qui consiste à distribuer des tâches "gratifiantes" aux élèves méritants : ramasser les cahiers, effacer le tableau, laver la voiture du remplaçant : ça marche pas, ou alors si avec les gosses d'enseignants... Non mais, vous y croyez vous à la récompense ultime : tu seras larbin mon fils, et si t'es sage à la fin de l'année tu pourras me laver les pieds !
Une image, un sticker, un calendrier de la poste, une photo dédicacée de Superrééducateur, un paquet de clopes, voilà des pots de vin qui font plaisir à Kévin et il te fout la paix une heure ou deux...

Voilà Fantomette, j'espère avoir répondu à votre question, a bientot pour de nouvelles aventures.
La prochaine fois nous nous attarderons sur la question de Madame Méhabel : c'est-y vrai que tout le monde y peut être instit ? (je résume un peu vite là...)

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21 avril 2009

RASED on line

Françoise Dolto avait France Inter pour peaufiner l'éducation des parents néo soixante-huitards afin d'atteindre le nirvana psychanalytique : les dernières générations et ce qu'elles sont devenues : un paquet de petits cons prétentieux et intenables des enfants équilibrés n'ayant plus à subir l'opprobre des adultes castrateurs. Oui, je sais, l'opprobre c'est pas tout à fait ça mais avouez que ça fait envie non ?

Bon, il reste bien Mireille Dumas mais c'est p'us c'que c'était, et pis elle se la pète un peu maintenant à confesser des people vieillissants en quête d'une reconnaissance tardive (voire paternelle en ce qui concerne Rachida Dati)

Or donc, dans Mon Immense Bonté (car oui, je suis un être exquis et généreux comme ne cesse de répéter ma mère et pour une fois je la crois), j'ai décidé de répandre la Parole Superrééducatrice (la mienne) et d'éduquer, si ce n'est les parents de Kévin, du moins sa maîtresse qui ainsi, pourra justifier auprès de son compagnon les heures passées en quasi extase devant les quelques articles de ce blog. Ainsi, mieux que sur Yahoo questions/réponses je vous propose amie lectrice d'exposer à la plèbe qui fréquente ce blog depuis que ce rustre de Jules Ferry a popularisé la lecture, les questions qui vous triturent là et là (voir schéma 1), alors ? c'est pas une sacré nouvelle ça ?

Vous pouvez envoyer vos requetes ainsi que vos dons à mon adresse mail à moi qui se trouve quelquepart dans une colonne du blog, si vous trouvez pas c'est superreeduc@gmail.com...

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12 avril 2009

Mais qui est vraiment Superrééducateur 5- Le Deutéronome

"La Sonnerie du Collège, en tout temps tu respecteras."
"Au Très Bons et Très Saint Règlement, tu te plieras"

L'année avait pourtant bien commencé, les appréciations flatteuses se succédaient sur mes copies, des notes à l'avenant, j'avais rejoint le club de judo local afin de me prendre des peignées plus souvent et sans que mes tortionnaires fussent punis, sous le regard judicieusement noir du Senseï local...

Je me socialisais et apprenait "l'ajustement des conduites émotionnelles" comme on dit maintenant quand on est un pro et je vous rappelle que j'en suis un, non mais, quand même, il serait grand temps d'instiller de la culture et de la science dans ce blog... Aaaaaaargh, sors de ce corps Sigmund !!!

Bref, j'étais gentil tout plein, vaguement amoureux d'une frisottée qui me snobait mais m'autorisait à lui porter son cartable et à lui filer mes bonbecs.

Le fils idéal..

Jusqu'au jour fatidique de la réunion parents profs.

Ce jour là, mes parents s'étaient fait beaux, comme à l'habitude, ils s'en venaient ensemble recevoir leur brassée de louanges et comment qu'ils l'avaient bien élevé leur rejeton, et comment que l'école de la république avait su repérer et former une de ses futures élites de la recherche fondamentale pour Père... et comment que les prières incessantes de mère avaient accouché du nouveau messie rien de moins. Toujours pas de basilique pour moi, mais mes parents avaient déjà commandé les plans.

Ils venaient donc en toute confiance recevoir leur dû : les compliments sans mélange de professeurs béats d'admiration tellement fiers d'accueillir en leur classe le ce mélange d'Einstein et de Gandhi. Père bombait le torse, l'air de rien, il demandait des nouvelles de ses anciens élèves mais pour de vrai, il voulait juste qu'on lui dise du bien de MOI... Mère, plus modestement jetais des regards discrets aux parents apeurés sachant qu'elle ne craignait rien, mon auréole la protégeait des contingences bassement matérielles et de la vindicte professorale.

La prof de math avait en permanence vissé sur le visage le rictus enjoué du pitbull mono maniaque, les dents jaunies par les gitanes papier maïs, son visage semblait tout droit sorti d'un cours de géométrie, dessiné par Picasso et colorié par Cartier Bresson.

Elle regarda s'asseoir mes parents en souriant puis, en détachant bien chaque mot, elle leur déclara doucement : "Votre fils ? Mais madame, c'est un affreux jojo !"

Bon, là tout de suite en écrivant, je me dis que c'est pas terrible, mais à l'époque c'est un tsunami qui s'abat sur les godasses de mes concepteurs, une pluie de grenouilles, un orage de sauterelles, bref les sept plaies d'Egypte... " Mais comment ? mais vous devez confondre ? Mais il a toujours été poli ? gentil ? " Mère en tremblait, elle avait sorti un rosaire vite fait et enfilait des "je vous salue Marie" en boucle histoire de prendre un peu d'avance sur l'exorcisme qu'il allait falloir pratiquer incessamment sous peu... Quant à Père, il se drapait dans sa dignité outragée, grandissant à vue d'oeil, il me fusillait du regard, oublieux de son enfance à pécher les canards du voisin pendant la sieste, amnésique des nombreuses conneries de sa propre scolarité : le républicain se sentait pousser des ailes d'archange vengeur, on allait voir ce qu'on allait voir...

Le reste de la visite se passa comme dans un de ces rêves pâteux d'où l'on ne peut s'extraire "bavard, agité, insolent...", putain, ils s'étaient donné le mot ou quoi ? seul le prof de dessin (à l'époque on n'avait pas encore élevé au rang d'Arts Plastiques les miteux dessins à la perspective approximative des collégiens) trouvait un certain humour à mes "productions" (essentiellement des caricatures de la prof de math sur les tables) il faut dire qu'il picolait sévère et qu'on l'avait en fin de journée...

Quelques profs rajoutaient bien que mes résultats ne semblait pas en souffrir, à leur corps défendant d'ailleurs, ils eussent compris qu'un cancre devint insupportable ils n'admettaient pas qu'un bon élève les fit chier de la sorte...

Le retour à la maison dans la GS break qui sentait le chien mouillé se fit dans un silence qu'on qualifiera de pesant car c'est l'expression consacrée, mais c'est à peine suffisant pour qualifier l'atmosphère pour le moins délétère qui  suintais à travers tous les pores de Père et Mère qui enchaînaient en silence leurs gitanes histoire d'alourdir encore un peu l'ambiance... J'osais à peine respirer et commençais à imaginer ma future scolarité en maison de correction où les parents désespérés abandonnaient leur progéniture délinquante afin qu'ainsi exposé à la vindicte populaire ils expiassent leurs péchés sous les coups de fouets d'éducateurs garde chiourmes sévères mais justes qui allaient me remettre dans le droit chemin...

Moi qui n'avais à cet instant aucun mal à imaginer une bonne dizaine de stratégies pour me venger de la prof de math j'étais bugué !J'attendais l'engueulade qui ne se décidait pas à venir.

Je ne me souviens d'ailleurs plus de ce qui s'est passé ensuite...

La semaine dernière c'était la réunion parent prof au collège de MiniSuper, mon ainé. "Bavarde et manque d'attention" qu'ils disent sur le bulletin ! p'tit con va !



J'ai pas osé y aller.

05 avril 2009

Mais qui est vraiment Superrééducateur 4- Nombres

Elle s'appelait Rosine D., mais elle nous avait demandé de l'appeler Rosine tout simplement.
C'était une prof de français sans âge; une rescapée de mai 68 qui fleurait bon le patchouli, vous savez le prétendu parfum indien qui vous décapait les narines vous privant d'odorat pour les dix minutes qui suivaient les embrassades. Elle avait des cheveux bruns aux reflets auburn (mais aux cheveux seulement, je vous en prie...) avec des petites bouclettes là et là qui encadraient un visage taillé à la serpe et des yeux vert d'eau. Elle portait constamment des robes à fleur et un énorme sac à main en toile de jute dans lequel elle farfouillait frénétiquement pour sortir son paquet de Marlboro et un vieux Zippo afin de s'en griller une dans un coin de la salle de e en entrouvrant la fenêtre pour ne point polluer nos petits poumons fragiles.

Rosine avait du cœur.

Quelques minutes plus tôt...

Le jour de la rentrée, nous étions sagement rangés dans le couloir du collège, nous appliquant enfin à faire subir aux "petits" sixièmes ce que nous avions du endurer de ces cons de cinquième pas plus tard que l'an dernier, mais c'était bien fini, c'était nous les caïds maintenant, du moins pour les nains de jardins (tous plus grands que moi ceci dit, sauf peut être Jean-Bernard, mais lui, avait eu les deux jambes coupées par un alcoolique même pas anonyme qui l'avait fauché alors qu'il traversait la départementale un matin de printemps, On était super fiers d'avoir un infirme dans notre bahut, ça faisait bien chier les profs de sixième qui devaient faire cours au rez de chaussée, même que la prof d'anglais allait en faire une dépression... elle faisait une dépression tous les deux ans, une vrai horloge atomique...)

Or donc, nous attendions paisiblement l'arrivée de cette nouvelle tortionnaire prof dont radio collège n'avait pas entendu causer vu qu'elle venait d'être nommé à Trouducland, en jouant à une version améliorée du bowling mettant en jeu nos sacs et les frêles jambes des anus sur pattes fraîchement issus du primaire. Le meilleur pour éviter les sacs c'était Jean-Bernard et ses roulettes, il était super vif malgré un manque d'entraînement certain car peu d'élèves osaient le viser de peur qu'un pion ne nous fasse payer cher de s'attaquer au fils de l'homme de fer.

J'avais découvert qu'on se fait plus facilement des amis en étant un peu moins "bon élève" et un peu plus "polisson", pour ne pas dire machiavélique sadique et un sacré salaud... En passant, s'il est bien un film moralisateur et bien pensant aux relents d'encens et de vieille poussière d'églises bien comme il faut c'est "le dîner de con" : dans la vraie vie et particulièrement dans cette jungle qu'était alors le collège le con perd toujours à la fin après avoir bien fait rire les potaches sado-moqueurs chez qui j'avais décidé de prendre mes quartiers d'hiver afin comme je le signalais plus haut (enfin plus bas, vive la logique des blogs) de bénéficier d'une protection certaine que ne pouvait offrir un physique souffreteux d'hydrocéphale plus élevé aux mamelles de la littérature qu'à celle des sports de combats...

Donc, tandis que je lançais vaillamment mon sac en prenant soin de viser les pattes des filles vu qu'elles rendaient pas les coups et que si jamais elle tombaient, j'allais enfin pouvoir voir leur culotte, moi qui n'avais pas eu la chance d'avoir une soeur et devait fermer les yeux à la plage comme nous l'a demandé notre seigneur Jésus et monseigneur Gaillot alors jeune évêque responsable de la préparation à la communion et qui hésitait à me laisser bâfrer l'hostie vu qu'il doutait de la pureté de mes sentiments envers Dieu et ses saints.

Je visais donc une petite rousse fragile quand elle tourna au coin du couloir, chaussée de ses espadrilles violettes qu'elle devait acheter en gros vu que je ne lui vis jamais autre chose aux pieds. Je revois encore la scène : au ralenti comme au cinéma, mon cerveau m'implorant de ne pas lâcher la courroie du cartable et mes doigts se détachant un par un...

La nouvelle prof de français fit ainsi connaissance des cinquièmes D et de votre serviteur.
J'articulais laborieusement une excuse bidon "heuuuu, d'solé m'dame, l'ai pas fait exprès", le monde s'écroulait, j'allais être renvoyé : à l'époque le crime lèse-prof était passible de l'exclusion à vie du système avec émasculation et avenir certain à l'usine ou pire : le pensionnat jésuite... Je flippais donc ma mère comme on se plaît à l'énoncer en nos vertes et riantes banlieues...

Alors elle me regarda dans les yeux, se baissa et ramassant mon sac, me le tendit en souriant : "Mais bien sur, je me doute que tu n'as pas fait exprès, tu es un gentil garçon, ça se voit dans tes yeux..."

Comme je l'ai aimée à cet instant !

Elle nous a fait rentrer et nous a dit de nous asseoir où on voulait ! Je me posais au fond, mais la place que je voulais moi, c'était dans une autre pièce, une autre école, un autre pays et si y'avait des postes sur le vaisseau Enterprise j'aurais volontiers posé mes fesses dans une autre galaxie.

Elle nous a tout de suite mis à l'aise en nous demandant de la tutoyer et de l'appeler Rosine, au risque de forcer le trait "vieux con" c'était impensable à l'époque... On y était, la révolution était en marche et mon monde s'effondrait, où allait-on si on se mettait à tutoyer le prof ! Elle a continué en nous expliquant qu'on allait faire ensemble le programme, qu'on était solidaire et qu'on allait avancer ensemble ! Je me décomposais ! La solidarité maintenant ! Et pourquoi pas le travail d'équipe !

Heureusement le masque se fissura quand elle nous fit remplir La Sainte Fiche que tout collégien a du recopier des milliards de fois au moins dans sa scolarité avec nom, prénom, profession des parents et quoi-t-est-ce donc que vous voulez faire plus tard quand vous serez grand...

Cette fois-ci je m'inventais un père pasteur évangéliste, une mère au foyer comme Jeanne d'Arc et sept frères et sœurs, quant à ma future profession; j'expliquais hésiter entre militaire de carrière et alors prof de français si la grande famille de l'armée française ne voulait pas de moi !

Ça la fit rire !

Quand elle ne fumait pas ses clopes en regardant au loin, elle nous parlait de François Villon et de Boris Vian. J’étais le seul à la vouvoyer mais j'avais de plus en plus de mal... elle ne respectait ni l'orthographe ni sa hiérarchie au point qu'elle quitta l'éducation nationale aux environs de Pâques... , les autres s'en plaignirent un peu mais sans plus, les parents furent bien rassurés et sa remplaçante rattrapa le temps perdu a grands coups de dictées même pas préparées, la syntaxe y gagna ce que perdit la poésie.
Je me mis à détester la remplaçante avec beaucoup de facilité, il me serait d'ailleurs impossible de me rappeler son nom ni sa tronche...

Quant à madame D. nous n'eûmes plus eu de nouvelles, elle ne chercha pas non plus à savoir ce que nous devenions, ni même moi qui pourtant m’étais acharné à lui écrire des rédactions du feu de dieu toute l’année !

Elle a du m’oublier.




Salope.




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