04 avril 2009
Et ma vaseline ?
Voilà, la sentence est tombée, officielle et tout et tout, c'est toute une brochette de glandeurs de maîtres spécialisés du RASED qui disparaissent ou presque avec la bénédiction de nos chers syndicats (vous avez vu le prix d'une cotisation ? faut dire aussi que le mètre carré au Bd Saint Germain faut s'le payer)
Alors que j'vous narre ça en essayant de simplifier passque les entrailles du mammouth non content de sentir l'excrément de mammouth c'est aussi sacrément tordu...
Bon alors, Nous (je dis Nous passque on est une grande famille dont Darcos est le patriarche, savez ? celui qu'on espère qu'il va crever vite fait d'une petite maladie rigolote) on a des commissions qui décident les trucs vachement importants de la vie des sous-fifres enseignants, c'est passqu'on n'est pas capable de le faire seuls alors on a des grands qui s'en occupent.
Les commissions sont paritaires, ça veux dire qu'on "parie" sur l'avenir dézécoles et pis après, y a qu'à se "taire" et consultatives, ça c'est plus facile... "con" j'explique pas, et "sultative" ça vient de « sultan » et ça permettrait de savoir à qui il faut lécher l’orifice anal…
Les commissions ont donné naissance à tout plein de sigles qui donnent le frisson à ces dames de l'administration : CCPD, CCPN, CDEAFSUB...
Qui siège, ou plutôt qui trône à ces grosses commissions ?
L’Inspecteur d’Académie : bras armé de celui dont on ne pas prononcer le nom, on dit qu’une poignée de sa main douce et manucurée guérit le scrofuleux comme le souffreteux, mais on ne l’approche pas si facilement. Il a le regard doux et souriant de l’officier allemand qui reprend deux fois des saucisses pour finir sa choucroute. Il est dur mais juste, ce qui n’est en rien une contrepèterie malgré les apparences. Il bénéficie d’une réputation solide auprès de ses petits camarades du ministère. C’est peu de dire que nous le vénérons.
Les petits z-inspecteurs : ils voudraient bien être calife à la place du sultan mais n’en n’ont ni l’envergure, ni l’intelligence, ni le tonton recteur, alors ils bavent un peu devant le Grand Homme et digèrent en silence en reluquant les jambes de la secrétaire du Manitou, eux qui se cognent une instit de réforme en préretraite et en chignon pour encore de longues années… Vous avez remarqué que les secrétaires de l’inspection changent de nom au fil des ans mais pas de tenue ni d’aspect général. Comme si le « non, y a pas de remplaçant ! » était inscrit dans le code génétique des postulante et finissait par modifier leur physique au point d’en faire une armée de clones à bas filés et à lunettes en écaille ?
Les petits personnels que c’est eux qui font la loi en vrai à l’Inspection Académique sont là aussi, c’est le festin des hyènes il aurait plus manqué que ça qu’elles restent planquées dans leur bureau, c’est leur jour de gloire où elles vont brandir comme un étendard leur « ah, non, ça va pas être possible.. »
Les représentants syndicaux, depuis les années 90 ils ont perdu le bouc mais gardé l’odeur. Ils portent ostensiblement l’absence de cravate pour bien montrer comment qu’ils sont rebelles. Ils représentent différents syndicats qui se haïssent et se méprisent en ayant en commun pourtant de ne représenter qu’une petite partie des enseignants.
Chacun postule au titre envié Du SYNDICAT avec toutes les majuscules là où il faut et surtout le singulier qui va bien. Avez-vous remarqué chers collègues qui lisez ce blog comment on entend souvent « tu en as parlé au SSSSSSSyndicat ?», genre, si je le dis au singulier il va oublier qu’y en a plusieurs, et hop nous voila revenu au temps béni de l’union de la gauche et ce petit coté stalinien qui nous allait si bien au teint. Ahhhh nostalgie, à l’époque j’avais même été oberstrumfuhrer dans la délégation départementale… c’était l’bon temps.
N’hésitant pas devant une digression et n’écoutant que mon esprit aisément distrait laissez moi vous présenter les différents syndicats qui nous représentent (ben oui, même si vous ne votez pas du tout ils vous représentent, c’est ça la démocratie, bien fait pour vous, fallait naitre en Russie !)
Le SNUIPP (prononcer « snu-i-pépé ») : crypto-communiste honteux, a tendance à larguer Marie Georges Buffet pour tomber dans les bras du petit postier sympa à la gueule de hamster boulimique. Appelle régulièrement à la grève et n’hésite pas à quitter la table des négociations dès qu’on risque d’y évoquer un truc intéressant. N’hésite pas non plus quand il le faut à faire changer les règles du mouvement interdépartemental pour caser une copine méritante et plonger le reste des collègues dans une merde solidaire et après tout, la solidarité n’est elle pas au centre du mouvement syndical ?
Le SE-UNSA (prononcer le « esse-eu ») ancien Grand Chef et Syndicat Unique et Libre et Indépendant sous le nom de SNI (parlez en aux vieux, ils en auront encore la larme à l’œil, voire un début d’érection), socialiste tendance « Jospinjaidécidédemeretirerdelaviepolitique » il vit dans la nostalgie du bon vieux temps des vrais mouvements sociaux avec de vrais militants, avant le Grand Malheur : l’élection de Mitterrand… Il se dit modérateur et fin négociateur et n’hésite pas non plus quand il le faut à ne pas faire changer les règles du mouvement interdépartemental pour caser une copine méritante et laisser le reste des collègues dans une merde solidaire et après tout, la solidarité n’est elle pas au centre du mouvement syndical ? (c’est pas du copier coller, ya des mots qui changent, putain, j’me sens subtil aujourd’hui…)
FO : (prononcer « effo ») Force Ouvrière, mais y a pas d’ouvrier chez nous, à part Kévin peut être, elle (je sais pas pourquoi pour moi FO ça fait féminin) est bien gentille, elle ne crie pas trop fort et est prête à rejoindre ses petits camarades dans la rue, en vrai elle est amoureuse de Monsieur l’Inspecteur d’Académie, mais n’hésite pas quand il le faut à ne pas lire les règles du mouvement interdépartemental pour caser une copine méritante et abandonner le reste des collègues dans une merde solidaire et après tout, la solidarité n’est elle pas au centre du mouvement syndical ?
Voilà pour les présentations.
Quand il faut prendre une décision difficile comme pour la carte scolaire (l’as de pique sans doute) tout ce petit monde se dispute avec cependant un respect et une décence qui les-z-honore et puis les syndicats s’en vont en colère et vachement pas contents qu’ils sont. Et ils envoient un mail à lezécoles et toutele Petit Peuple il les trouve vachement couillus et hop une ch’tite grève pour féter ça.
Les syndicats y sont d’accord pour une fois, même qu’ils sont Solidaires Ensemble, putain ça en jette non ? Et pisque c’est comme ça la prochaine réunion de carte scolaire, ben y ziront pas, na ! et le Petit Peuple de s’incliner devant ces gavroches !
Alors la réunion se tient sans eux et Monsieur l’Inspecteur d’Académie il doit être super triste passqu’il ferme encore plein des postes du gentil RASED tellement il est malheureux et y a personne pour lui dire « ou la la mais c’est pas bien, faudrait essayer d’en sauver un ou deux ! » pisque les gentils syndiqués ils boudent. Et ils envoient un mail à lezécoles en disant qu’il est vilain le Monsieur Inspecteur et qu’il les a même pas écouté, et que vraiment oulala y sont sacrément déçus, oh ben ça oui…
Mais bon y sont quand même pas mécontents en leurs forzintérieurs que le Monsieur l’Inspecteur d’Académie il a pas hésité non plus quand il le faut à ne pas faire changer les règles du mouvement interdépartemental pour caser une copine méritante et laisser le reste des collègues dans une merde solidaire et après tout, la solidarité n’est elle pas au centre du mouvement syndical ?
Il leur a sauvé les postes des copains et des copines, c’est sa façon à lui bourrue et maladroite de leur dire je vous aime, revenez jouer.
Alors moi, je me demande si c’est vraiment à cause des hémorroïdes que j’ai un peu mal au cul là ?
12 mars 2009
Cérémonie des oscars
2008 un cancer
2009 mon poste ferme
j'attends 2010 avec une certaine impatience.
C'est si soudain, j'avais rien préparé...
Je tenais à remercier toute l'équipe, les techniciens des commissions paritaires, les collègues représentants syndicaux et surtout le tout petit bras droit de notre honorable inspecteur d'académie qui a décidé de me faire rentrer dans le rang passque j'ai été vilain et insolent avec son altesse. ça se trouve c'est un des lecteurs honteux de ce blog qui trouve que quand même j'en rajoute...
Quoi parano ?
Quoi persécuté ?
Mon poste est donc transformé en poste surnuméraire dans une écoliscule à trois classes plus un placard chauffé assez grand pour m'accueillir.
Mon rêve. L'aboutissement de toute une carrière à dire du mal de mon collègue et voisin, à mépriser enfants, parents et inspecteurs autres.
Un instant j'ai cru que c'était un de mes potes du réseau qui allait profiter de l'aubaine, mon coup de génie aura été de traiter le petit inspecteur tout nerveux de fainéant, c'est venu comme ça, naturellement, pas peu fier qu'il est le Superrééduc.
Bon, j'espère quand même que je vais l'avoir ce boulot de dans un an passque une planque pareille tu penses qu'elle va être demandée ! ça se trouve le petit inspecteur lui même va postuler...
Enfin, ça va me laisser du temps pour le blog et pour avancer dans l'écriture de mes mémoires qui n'ont rien à envier au défunt catalogue de la Camif tout en gardant la finesse des notices de montages de meubles suédois dont je ne citerai pas pour ne pas faire de pub éhontée à Ikéa...
J'apprends à l'instant que c'est confidentiel et secret, il faut surtout pas en parler, la commission officielle n'a pas eu lieu, oh ben zut alors, moi qui ai déjà cliqué sur publier...
Trop bète hein ?
07 janvier 2009
Ernesto Che'rééducador
Plus que 1500 postes de RASED réaffectés à la rentrée...
Plus de réforme des lycées...
Que de la gueule le ministère !
(au début j'avais écrit "P'tite bite Darcos", mais Mme Rééduc elle dit qu'elle en a marre de se faire gronder par notre inspecteur chéri à cause que je respecte pas assez la hiérarchie... Alors comme j'ai pas envi d'être puni d'ordi pendant encore 15 jours, je fais gaffe à pas écrire de bétises)
J'en profite pour demander, non, pour exiger ! une DS chacun avec Démosthène pour jouer en réseau pendant les synthèses, sinon on s'met en grève et on casse tout !
Et j'veux un poste d'enseignant à l'IUFM (oui, je sais ça ferme, justement...)
Et des divorces, plein de divorces, pour la nouvelle année, comme ça, j'aurai des déprimés, ça me changera des hyperactifs !
Viva la révolucion !

Putain de reprise...
A l'heure où les militaires israéliens s'amusent avec les puzzles d'enfants palestiniens tandis que leurs petits camarades du Hamas jouent à la bataille navale grandeur nature en espérant à l'aveugle, toucher eux aussi une école, je me demande si c'est vraiment opportun de vous souhaiter une bonne et heureuse année...
Décidément, je dois être un véritable fainéant estampillé, vu le peu d'enthousiasme que je mets chaque année à me rendre au boulot plutôt qu'au ski... (et en plus, j'aime pas le ski...)Vous me direz, qu'est-ce que ce serait si t'avais un vrai travail ?
Ben en fait, j'ai oublié, ça fait trop longtemps que je suis dans l'éducation nationale.
En fait, c'est dégueulasse, moi, toutes ces vacances, j'y suis habitué, je dirais même plus : accro, voilà, c'est ça, je devrais porter plainte contre notre ministère : à force d'être en congé, on s'habitue et les reprises sont de plus en plus dures...
Alors on se concocte une série de p'tites phrases toutes faites pour se donner du courage et trouver un réconfort dans le labeur quotidien...
florilège en passant :
- Ouais, en fait, tu vois, avec chaque classe c'est différent, même avec le même niveau, tu vois, les élèves changent, on s'ennuie jamais... (faux... j'ai souvent réussi à m'emmerder 7 heures sur 6, y compris quand j'étais élève...)
- C'qu'est super quand t'es instit, c'est de faire toutes les matières, tu vois, genre l'art pla', la musique et les sciences nat' (tu parles... les colliers de nouilles et les expériences des petits débrouillards dont la plus dangereuse consiste à faire fondre un glaçon à la lumière du soleil, j'ai vu mieux pour m'épanouir)
- Ouais, mais avant tout, y a le contact avec les gosses, c'est quand même irremplaçable. (pas vrai, ça sent autant la pisse dans les maisons de retraite que dans les maternelles...)
Bon, voilà pour la nouvelle année... j'ai pris tout plein de bonnes résolutions, dont celle de demander l'inscription sur la liste d'aptitude des directeurs, histoire que si mon Darcosounet y ferme le poste j'aille au moins faire mon intéressant à traumatiser les parents et les collègues en gagnant trois sous de prime plutôt que juste faire la classe comme le reste du troupeau et embéter que mes élèves...
L'entretien fut encore un grand moment vu le peu de motivation que je montrais face à un IEN bien sérieux et très roquet du haut de sa stature Sarkosienne, (il ne devait pas dépasser le mètre vingt) et mon inspecteurounnet que j'aime bien et qui essayait de rattraper mes horreurs tant qu'il pouvait car il m'aime bien le brave homme (merci m'sieur de m'avoir "rattrapé"... en même temps, vu que j'ai déjà eu l'insigne privilège de diriger une école d'une main de fer et que l'Education Nationale m'a déjà payé une formation autant couteuse qu'efficace, il eut été beau voir que vous ne m'inscrivissiez point sur votre liste à la con.) Me voilà donc à nouveau apte à demander une direction, voire pourquoi pas un poste de dictateur centrafricain, car malgré une baisse de forme passagère, j'aspire toujours à conquérir le monde même si celui-ci, parfois, ne me mérite pas !
En attendant, mes kévins se portent bien... c'est pas eux qui se feraient intoxiquer par du lait à la mélanine, non... c'est résistant les pauvres chez nous, p'tet à cause de la CMU ? et les parents de Précillia ne s'étant toujours pas décidés à la confier à la DDASS (parce qu'elle le vaut bien...) je me vois dans l'obligation de me rendre dans les écoles chaque matin aux aurores ou quasi... la vie est mal faite tout de même !
Et j'en terminerai sur une note optimiste : 0/20, (ben en fait, on peut rarement avoir pire alors, c'est vachement optimiste pour l'élève, et mettre un 0/20 pour un enseignant, c'est qu'il est vachement optimiste s'il compte retrouver sa voiture ET ses pneus à l'endroit où il les a laissé en arrivant...)
07 octobre 2008
Groupons nous zé demaiiiin...
De quoi ???
Rien pendant un mois et deux textes aujourd'hui, et pis quoi encore, y s'fout de nous Super ?(oui, je me Majuscule avec complaisance...)
Alors d'abord, oui, un peu, vu que c'est mon blog à moi et que je ne suis pas payé pour étaler régulièrement mes états d'âme et mes tumeurs à la face du monde (et quand je dis le monde je tiens à saluer les trois japonais, six américains, et l'islandais qui viennent régulièrement sur ce site, ce qui montre qu'il n'y a pas qu'ici qu'on s'emmerde dans les écoles françaises) et même que ça se trouve, des chroniques d'avance j'en ai plein des déjà écrites, a p'us qu'à les publier, mais n'ai pas n'envie na!
C'est que l'heure est grave mes amis (enfin mes connaissances : j'ai finalement peu d'amis et comme je tiens à les garder je ne leur ai pas donné l'adresse de ce blog (enfin si, mais pas tous (du moins pas aux plus susceptibles...(ça c'est pour faire plaisir à mes amis susceptibles à qui j'ai quand même donné l'adresse de ce blog...(ben oui, comme ça ils penseront que je parle des autres et pas d'eux, ils sont susceptibles mais pas très malins))))), l'heure est grave reprends-je car après 5 parenthèses ça se fait : non content d'être bafoués et jetés aux orties par notre très bon et très Saint Ministère (qu'il soit moyennement récompensé par le sacrifice de 12 vierges), non content de voir la fortune patiemment accumulée par les miens durant l'occupation disparaitre inexorablement sous les coups de boutoirs des socialo-communistes de Wall-Street (car ne soyez pas dupes, ce sont bel et bien d'odieux alter machinistes qui nous y foutent en l'air Le Système), non content du réchauffement de la planète qui risque de décimer des populations entières de manchots Patagons parmi lesquels je compte un certain nombre de relations proches, voilà que Johnny Haliday annonce l'arrêt de sa carrière pour la fin de l'année !
Johnny, pour moi, c'est un peu comme si Kévin réussissait à lire autre chose que les grafittis dans les chiottes de la communale... C'est la réussite symbolique de tous les neuro-déficients, c'est la preuve, non de l'existence de Dieu, mais de son sens de l'humour.
J'ai fait étudier ses textes à mes SEGPA (ouais m'sieur l'inspecteur, j'ai eu des classes et pas des tartinées au nutella, alors les menaces à la con de prendre une classe, ça me fait riiiiiiiiire) (ou pas)
Precillia première du nom a découvert la vrai poésie grâce à Johnny, elle qui ne jurait que par Lorie, c'est décidé maintenant : quand elle sera grande, elle sera Cindy Sanders .
Alors excusez moi de ne pas voir en ce symbole qui nous abandonne la même année que Georges W. B. qui a souhaité garder l'anonymat autre chose que la triste fin des zaricots pour le con de base l'élève en difficulté : deux heures hebdomadaires risquent de réussir où nous avons échoué !
Le combat contre l'illettrisme serait donc gagné sans que nous y ayons pris garde. Ils vont être bien emmerdé à polytechnique devant l'afflux massif de nouveaux étudiants.
L'hyperactivité a sa ritaline.
La dyslexie a ses orthophonistes.
Le mutisme les bibliothèques publiques.
Mais la connerie n'a plus rien si Johnny s'en va..
03 septembre 2008
Back to school
Les braillements incessants de quelques morveux au teint rouge brique, agrippés à une mère larmoyante de façade (passqu'en vrai il lui tarde d'avoir enfin largué son monstre pour aller se faire réconforter la libido par l'installateur de 9 télécom tandis que son conjoint (et je pèse mes mots...) de mari poireaute consciencieusement au guichet 21 des Assedic afin de percevoir ses émoluments honnêtement gagnés sur l'autel de la sieste et de la recherche active d'un poste à hautes responsabilité aux PTT), les braillements disais-je, ont tendance à me les briser menues surtout s'ils durent.
Et là, ils durent.
Le travail, que dis-je le travail... la mission, que dis-je la mission... le sacrifice glorieux de Superrééducateur, consistant en ce début d'année à accompagner les « pov'chéris » dans leur première rentrée à l'école maternelle et ce dès leurs deux ans, le trou du cul fraichement torché et l'accident de vessie jamais loin.
L'enfant de deux ans est en effet un être totalement à part dans le règne animal qui ne s'apparente à aucun mammifère supérieur. Il s'agit d'un intestin un peu élaboré muni à ses deux extrémités d'orifices soit bruyants soit malodorants mais en aucun cas propices à la méditation transcendantale dont s'abreuvent les disciples du Dallai Lama (qui n'ont pas vraiment brillé aux JO soit dit en passant)
Le jour de la rentrée ils sont accompagnés par des utérus sur pattes, leurs hormones en avant tel l'étendard de Jehanne qui, elle au moins, sut rester pucelle, qui viennent nous montrer combien en bonne mère elles ont du mal à lâcher la septième merveille du monde en ce cloaque cacophonique qu'est la toute petite section.
La jeune instit, c'est sa première rentrée aussi, je la sens un peu fébrile, n'écoutant que mon professionnalisme, je ne me permets pas de la conseiller directement : à peine lui glissai-je : « Je pourrai pas rester longtemps, je vais juste t'aider à accueillir les parents... » et là perfide que je suis, je rajoute « Tu vas voir, on sera pas trop de deux... »
Je m'éclipse donc discrètement me faire un café car j’entends le troupeau qui se pointe au bout du couloir et je m'en voudrais de lui voler la vedette...
Quand je reviens, un petit quart d'heure plus tard le concert a commencé, il y a des braillards partout dans le couloir, quatre mamans dans la classe le kleenex à la main et le rimmel ruisselant, une grand-mère qui essaie subrepticement de repartir avec son petit fils, deux papas en larme et un autre prostré, l'Atsem court d'un mouflet à l'autre pour éviter les évasions, en jetant des regards furibonds sur la jeune maitresse qui arbore un sourire un peu figé, le regard vide en regrettant amèrement de n'avoir pas brillé au concours administratif des douanes françaises.
Me rappelant de vagues souvenirs hospitaliers, je « allons, allons » et autre « voyons, voyons » parmi les adultes présents en leur desserrant les mains des poignets de leurs marmots avant la fracture et en les poussant délicatement (vous me connaissez) mais fermement (vous me connaissez aussi) vers la sortie, je les rassure en leur affirmant qu'il est normal de souffrir un peu quand on abandonne son enfant qui jamais ne pourra plus vous regarder de la même façon, mais que, baste, c'est la vie et qu'elles ont eu le courage de les laisser aujourd'hui alors qu'elles auraient pu attendre qu'il ait six ans, âge de la scolarité obligatoire... mais qu'il est trop tard pour revenir sur sa décision, c'est fait c'est fait. Les ayant ainsi rassuré et ayant pris soin également de ramener la maitresse à l'intérieur de la classe, elle qui, coquine, avait profité du bazar pour tenter de passer inaperçue et de quitter le champ de bataille, (mais on ne la fait pas à Superrééducateur...) je rentre dans la classe et pousse un grognement d'ours... Les chiards interloqués se taisent, les plus émus se font un peu dessus, mais bon, ça c'est les risques du métier... « Les enfants, vos mamans sont parties, peut-être pour toujours, si vous voulez les revoir il va falloir obéir à la maitresse qui a l'air très gentille mais c'est juste pour rassurer vos parents ! Donc maintenant vous allez tous vous assoir aux bancs avec les mains sur les genoux comme le petit Grégoire dans son fauteuil roulant, non, sans baver, ce n'est pas nécessaire... Allez, les enfants, soyez sages et à bientôt... »
Et là, fier du devoir accompli je m'en vais modestement, sur la pointe des pieds en songeant à tous ces petits traumatisés que je viens de me fabriquer et qui d'ici deux trois ans me permettrons de continuer mes aventures...
C'est pas beau ça ?
01 juillet 2008
Zi retour

30 avril 2008
Réunion de chantier
Le lundi, c'est réunion de chantier.
On se réunit tout le Réseau au complet dans le bureau de la mère supérieure comme ça elle pense qu'elle est chef et elle nous fout la paix.
Le réseau ça veut dire les 5 maîtres(ses) E (c'est marrant à prononcer, on dirait le Bayrou des guignols : "les maîtreeeu"), deux maîtres(ses) G (dont un moins majuscule que l'autre) et une psy. (A ceci se rajoute le bureau de notre hôtesse que nous appellerons Brigitte en hommage à l'appartement de Proctor... )
Le café c'est du truc en poudre, mais y a que Démo et moi qui en buvons, les filles (ben oui, vous vous croyez où ? c'est l'éducation Nationale, le pays où la vie est moins chair mais plus féminine) elles dégustent une sorte de tisane lyophilisée approximative à peu près aussi imbuvable mais rose.
Au début, on cause week-end, vacances, mais très vite on se met au travail vu que le ministère y nous paye pas à rien foutre ou alors ça se saurait...
Alors là c'est le bordel, passque chacun y voudrait caser son cas à lui, que c'est vraiment urgent qui faut qu'on en cause de suite sinon ça va rester... Pendant un moment on discute deux par deux mais pas avec son voisin, non, avec celui qu'est le plus loin possible de vous à table, que sinon ça serait moins rigolo. Au bout d'un temps y en a toujours une pour dire "on s'entend plus" et là elles nous regardent Démo et moi comme deux mongoliens pas frais, genre y avait que nous qui rigolaient... bon c'est vrai, souvent y a que nous qui rigolent mais c'est pas toujours vrai. Pas toujours.
Alors aujourd'hui, c'est la rééducatrice qu'a causé preum's.
Toujours soucieux de garantir l'anonymat à mes collègues (et puis aussi un peu à moi à cause que les Inspecteurs c'est pas toujours l'humour qui les étouffe et que même je leur colle une majuscule ça devrait les calmer un peu...) nous l'appellerons Frédégonde.
Frédégonde, donc, a un problème avec un surdoué dépresso-hyperactif, élevé dans une famille de bulots ayant dépassé la date limite de consommation. Il fait rien qu'à embêter sa maitresse à cause qu'il se mutile à grand coup de règle en plastique pendant la lecture, pique des crises en récré quand ses gentils petits copains lui jettent des pierres pour rire et annonce régulièrement (deux fois) qu'il veut mourir.
La mère supérieure surenchérit "oui, je l'ai rencontré, il a l'air triste, en tant que psy je suis inquiète" Oui, passque elle s'inquiète toujours "en tant que psy", alors qu'en tant qu'armoire normande, ça va. Moi, comme un con, je d'mande ses résultats scolaires, "oh ça ? ça va... il serait même plutôt bon... mais vraiment, il est triste."
Avant, il fichait le bazar mais depuis qu'il est sous ritaline, c'est plus cool, enfin quand sa mère au QI d'huitre se décide à lui donner, passqu'elle a un peu tendance à les prendre pour des smarties, ou alors elle considère que son CAP coiffure-pâtisserie lui donne une équivalence en neuropsy et elle fait évoluer la prescription.
Toujours est-il que Régis qui est loin d'être un con, fait peur au point qu'il va rester dans l'école tandis que sa classe part se mettre au vert une semaine. Et là, Frédégonde et la mère supérieure, elle sont outrées ! Et comment que la collègue elle est pas professionnelle, et la mère qui accepte ça (pis même demande un peu à ce qu'il reste à la maison, vu qu'elle a pas envie qu'il fasse la une du journal local...) tiens, sur que ça cache quelque chose ! La mère supérieure, elle l'a toujours dit, même qu'elle a déjà écrit une "note d'information signalante" (je connaissais pas, mais j'ai fait comme si, en fait c'est un peu comme sous Vichy, quand tu pensais que ton voisin il était quasi juif ou assimilé, alors tu le dénonçais pas à la gestapo, mais tu le signalais juste au cas où)
Enfin, maintenant, on sais ce qu'il a Régis : des parents défaillants et dangereux, une instit incompétente, et heureusement un réseau dévoué qui va te lui sauver la mise en moins de deux.
Après ça on a abordé un autre cas, mais c'était une des maîtresses E qui le présentait, alors la mère supérieure et Frédégonde elles zont pas écouté vu qu'c'est bassement matériel la pédagogie... moi, j'ai bien aimé, même que la gamine j'aurais bien aimé la voir... mais j'ai mes principes : si on te demande pas, tu fais pas... si on te demande, attend qu'on insiste... si on insiste, dis donc, c'est pas très bien élevé d'insister non ?
Pour les ceusses qu'ont suivi et qui se demandent : on a rien décidé pour Régis, mais bon, c'est une réunion estampillée Education Nationale, faut pas déconner avec ça, on a respecté les règles de l'art : on a fixé la date de la prochaine réunion qui donnera lieu à une "note d'information progressive, perpendiculaire ou simultanée" selon l'évolution structurelle et/ou comportementale de la famille dans une approche systémique, si il pleut pas.
24 avril 2008
C'est les vacances !
Allélouia, joie bonheur allégresse !
Il est là le socle commun de moultes vocations enseignantes. Ce moment béni qui n'occupe malheureusement que 25 à 30% de mon temps...
Quand le prof de math à barbichette se précipite sur son camping-car à crédit pour se rendre à la manif anti ogm la plus proche d'un lieu fort chargé en histoire et en culture, avec toilettes et eau pour une somme modique. Après qu'il aura fait le plein de gasoil, c'est que ça consomme ces bestiaux, il mangera des carottes bio et se roulera un p'tit clop au roquefort en hommage à José Bové. Alors, il se tournera vers le pont du Gard et ses siècles qui le contemplent, exhalera doucement et se demandera ou va le monde et s'il a bien fait de voter Bayrou en cachette de ses collègues.
Le propre de l'homme est de s'interroger sur les actes fondamentaux qui l'ont fait tel qu'il est. Ici et maintenant : un enseignant solitaire, le regard un peu plissé tourné vers respectivement, le soleil couchant et d'autres aventures.
Pourquoi, pourquoi, POURQUOI ? Why, porque, warum ? polygloterais-je volontier, taquin que je suis, qui aime à me surprendre en me parlant une langue étrangère que je ne maitrise pas toujours.
Pourquoi des vacances de pâques si tard après pâques, ou alors en bon laïque, pardon mon dieu, des vacances de printemps... si tard après le printemps, qui coïncide d'ailleurs assez bien avec Pâques, encore un coup du lobby judéo-chrétien ?
Pourquoi le mot abréviation est-il si long ?
Pourquoi un camping-car, pourquoi pas une tente décathlon comme celles qui fleurissent sur le canal Saint-Martin dès qu'Amélie Poulain, cette molasse, tourne le dos ?
Mais que peut bien faire un superrééducateur en vacances, à part alimenter un blog lu attentivement par sa mère et son épouse qui le visitent plusieurs fois par jour en changeant d'adresse IP afin de lui faire croire à ce niais, qu'il atteint un nombre de visiteur à faire palir Julien Courbet, lui qui, désespérément, ne recherche que puissance et gloire. (et c'est pour ça qu'il glisse des noms de célébrités deci delà dans ses textes, afin que les moteurs de recherche le recensent, ainsi de pâles adolescentes gothiques se retrouvent à lire ces lignes rien que parce que j'ai écrit Tokio hôtel, ça déchire grave... fou, non ?)
Ainsi donc, tandis que Kévin astique avec ferveur la 205 tunée de son troisième beau-père, que Précilla recompte avec amour les pollypockets qu'elle a soigneusement décapités, je ne profite pas du soleil, au grand dam de mon entourage qui aimerait bien m'entrainer dehors parmis les miasmes de mes contemporains, non, je vaque à ce blog, allitérant comme un malade car j'ai le plaisir du travail bien fait moi madame.
16 avril 2008
C'est le printemps
Ils ferment une classe en maternelle !
Ils sont vilains tout plein passqu'elle marchait bien la maternelle.
Alors, bien sur, c'est la classe des schtroumpfs, des gluants à peine sortis des couches et du sein maternel. Y passent leur temp à pioncer et à brailler sous le regard bienveillant et professionnel d'une bac +4 qui gesticule toute seule "Gipsy l'araignée monte à la fenêtre", assistée d'une... assistante maternelle qui pour le coup se transforme à machine à torcher le cul et à moucher le morveux.
Les deux zans ne sont pas comptés par le ministère de la magie comme des humains à part entière, ils n'ont pas droit de cité dans les statistiques zofficielles.
Faut dire aussi que si tenlèves le temps passé aux chiottes, en récré et à dormir, autant qu'ils restent à la maison à regarder Tiji...
On appelle ça la socialisation : c'est se préparer à l'age adulte... quoique, pisser à 15 en coeur, dormir à 23, et jouer en braillant, y a qu'à l'armée qu'on fait ça... En même temps, si on les conditionne pas dès 2 zans, vu que la plupart s'en sortent, y restera plus grand monde pour défendre notre beau pays des hordes barbares si on n'a pas des nostalgiques de la maternelle pour endosser les couleurs tricolores et parader sous la cocarde et un soleil de plomb le 14 juillet où y a que ça à faire vu que les magasins sont fermés...
Alors voila, les parents y zétaient pas contents.
Les zinstits y zétaient pas contents.
Les mairies y zétaient pas contents.
Et la directrice y zétait pas contente aussi.
Alors y zont tous dit ensemble leur couroux à monsieur le représentant du ministère de la magie, qui zétait pas content non plus passque lui il compte et il y peut rien, c'est les chiffres et la conjoncture et ça sert à rien de faire sa colère, vu que lui drapé dans sa dignité, il changera pas d'avis et la classe elle ferme et pis c'est tout.
Bon, mais vu que les parents y zétaient vraiment pas contents pis en plus y zétaient nombreux ces cons, c'était possible que y a des classes que finalement, les chiffres y sont pas si mauvais que ça, on avait du oublié un foetus ou une virgule...
Bref, parceque là j'vous fais la verson courte mais ce fut long et plein de, je vous le donne en mille, rebondissements... des classes furent sauvées dans le secteur et hop là, joie bonheur allégresse !
Mais pas la classe des schtroumpfs.
Alors comme dans tout combat où l'issue n'est pas claire, tout le monde il est pas content et il se regarde en chien de faïence en pensant sérieux que l'autre il a quand même un peu merdé. Pis même que c'est de sa faute à lui ce con.
Les alliés d'hier, qui fleur au stylo, lutteraient jusqu'à la mort pour sauver les classes, se tirent de sacré gueules, les rancoeurs et les aigritudes (on dirait du Ségolène non ?) s'expriment à grand renfort de tronches allongées.
Dans l'école des schtroumps, on se réjouit officiellement d'avoir permis en initiant un mouvement populaire autant que spontané, de sauver des postes dans le reste du secteur.... mais... en vérité, c'est surtout ici qu'on aurait voulu les garder nos classes, vu que les villages d'à coté... quand en plus on sait comment ils se comportaient pendant l'occupation...
L'instit qui ferme, elle, elle est persuadé que c'est rien que pour elle, que c'est un complot à l'échelon international, elle a bien senti la présence de Ben Laden là dessous, et même celle de Busch qui tire les ficelles... elle sait bien elle que les chiffres ne sont qu'un prétexte fallacieux pour l'éloigner, elle a en sa mémoire, enfouis, des secrets indicibles, il faut qu'elle disparaisse mais elle luttera pour sa survie... en attendant elle s'est fait greffer une oreillette banchée en permanence sur les syndicats dont les représentants ne sont pas loin de penser qu'elle les leur brise menues...
Les parents, ils se la prennent en pleine tronche le matin en amenant leurs lardons et comme ils sont pas tous psychothérapeutes après avoir poliment compati les premiers temps, maintenant ils la renvoient chier, ce qui prouve bien qu'il s'agit d'un complot (d'ailleurs je soupçonne Hervé Vilar d'être le véritable chef de cette race obscure et malveillante qui domine le monde...)
Les autres collègues sont tellement soulagées que c'est pas même pas elles qui ferment, qu'elles en profitent un peu pour se lacher sous couvert de soutenir la celle qui se casse, mais bon, en même temps... c'est vrai qu'elle était bizarre... Et pis, toujours par solidarité ça se bat en douce pour récupérer le matos, les super feutres, le coin cuisine tip top, la pate à modeler à peine sortie des pots (et rangée immédiatement vu qu'y font rien que de la manger les grouillants) bref, avant d'enterrer, on se dépèce...
La directrice, elle fait bonne figure (qu'elle croit...) et encaisse les aigreurs des uns et des autres. Elle sait prendre de la distance et analyser la situation, et le fait qu'elle ne dorme plus et passe son temps à vomir comme si c'était encore plus rigolo que la nouvelle attraction à Dysneyland prouve bien qu'elle s'implique peu...
C'est le printemps.
Bientôt y aura les allergies qui vont pas changer grand chose sauf qu'en plus y zauront le nez qui coule.
Le temps et quelques prozacs feront merveilleusement leur office.
Les sourires reviendront un peu comme dans les fichiers qu'on reçoit par email, ces powerpoints sirupeux dégoulinants de tendresse et de zénitude qui te demande ami de rire à la vie et d'accueillir le bonheur de vivre avec respect et amour...
Putain... J'ai b'soin de vacances moi...
