Allelouäi, joie sur terre et au plus-z-haut des cieux, j'ai deux lectrices qui ne font pas partie de ma famille, dont je vous rappelle que la plus grande partie a du fuir au Chili au temps de tonton Pinochet afin de fuir une justice française revancharde et franchement un p'tit peu mal élevée à insister de la sorte...

Fantomette : "les parents d'élèves sont devenus fous, comment pallier au manque d'éducation à la maison, difficile de faire le poids face à la télé ? Plus de respect, plus de sanctions, comment simplement continuer à enseigner ?"

Tout d'abord point de chichis entre nous, Fantomette, vous pouvez m'appeler Super tout simplement. Mais lançons nous tel le hérisson en rut sur l'éponge à gratter avec tout d'abord une analyse de votre question (que nous appellerons une problématique histoire de vous rappeler qu'avec mon air con et de fort pots de vins, j'ai tout de même fait quelques études...)

On y va...

"Les parents d'élèves sont devenus fous"

Encore faudrait-il qu'un instant, un instant seulement les parents ne l'eussent pas été : fous. Je m'explique... A peine sortie de l'adolescence boutonneuse à s'échanger des crèmes anti acné et l'adresse mail perso de Julien Doré, si j'te jure et en plus y répond si t'es super jolie, la jeune Précillia à la taille fine et aux seins fermes a rencontré le beau et ténébreux Kévin au tuning plus explosif qu'un slip de repris de justice qui sort d'isolement. Ils se sont croisés au Macumba, ses yeux à lui semblaient rivés aux siens à elle, leurs mains s'effleurant à peine aux rythmes endiablés de reprises de la compagnie Créole par les anciens de la Star'Ac en concert exceptionnel ce soir là, entrée gratuite pour les filles seules (les moches)
Tout de suite, elle fut séduite par respectivement : son charme, son bagout et sa 205 GT super avec des flammes, j'te jure on dirai qu'il sort des enfers ! Un rebelle ! Et pis pas un seul bouton le Kévin, une vrai pub pour Biactol...
Ayant investi lourdement dans de savants cocktails afin de séduire la belle, il se trouva malencontreusement que Kévin n'avait plus une seule pièce de monnaie afin d'assurer à la belle Précillia des amours prophylactiques tant recommandés en nos temps èmestésiens.
Las, il était beau et lui affirmait qu'elle était la seule, elle était seule et vierge comme on peut l'être à cet âge et malgré de nombreuses virées au Macumba Club...
Le Sida, dieu merci ne passa pas par eux, mais Bryan si, par elle, neuf mois plus tard.

Pause numéro un : je ne sais pas s'ils étaient fous, mais en tout cas un peu cons tout de même, ce qui nous laisse présager de l'avenir du petit Bryan, oh je sais, la génétique ne fait pas tout, il y a l'éducation aussi, non ?

Car, il faut bien avouer que l'arrivée d'un enfant change la vie comme on dit chez les bisounours, je dis souvent pour rassurer les parents que je reçois : (ce conseil vous est offert par les laboratoires Boyron)
"Ne vous en faites pas, votre vie ne sera pas plus difficile maintenant qu'il est en difficulté, c'est le jour même où il est né que votre vie a été foutue ! à l'instant précis où vous n'avez pas fuit en courant comme le bon sens l'aurait voulu, alors à coté de ça, qu'il morde la maitresse vous savez..." et ils repartent heureux et rassurés, à tel point que je ne les revois plus jamais, c'est dire si ça leur a fait du bien (malgré tout ce que raconte leur avocat, mais vous savez comment sont ces gens...)

Une première réponse donc : les parents ne sont pas devenus fous par hasard, ils peuvent l'être devenus parce qu'ils sont parents, avant, ils étaient simplement cons.

"comment pallier au manque d'éducation à la maison, difficile de faire le poids face à la télé..."

Comme souvent, la solution est limpide et contenue dans la question : Passez à la télé, si possible parcequ'on vous a soupçonné d'un crime horrible, où parce que vous êtes l'amie intime de Véronique Courgeau, la madame Picard des maternités, reine du foetus melba. Vous y gagnerez en reconnaissance télévisuelle ce que vous y perdrez en effectif qui demandera une dérogation pour aller dans l'école voisine : double avantage, moins d'élèves et plus de respect des parents qui restent. Pour mes collègues mâles qui lisent le blog en cachette, je ne saurais trop recommander une mise en examen pour pédophilie assortie d'un non lieu : trop class !
Autre moyen : écrivez un livre sur l'abandon de la méthode globale et le retour aux vrais valeurs de la famille française, celle qui a un réfrigérateur Frigidaire et des chaussures à talons plats, vous passerez chez Ruquier voire au journal de 13 heures de Jean-Pierre Pernaud, putain de consécration ! et là, direct, les parents ils te prennent pour Super Nanny, moi d'ailleurs depuis que j'ai les mêmes lunettes qu'elle et ben je te jure, ça marche le regard méchant et la bouche pincée comme un anus de poulpe !

Alors ? C'est pas du conseil de pro ça ? en plus pas compliqué à mettre en œuvre non ? mais je vous sens réticente avec le petit effort que je vous demande, alors je m'en vais encore une fois vous mâcher le travail...

"Plus de respect, plus de sanctions, comment simplement continuer à enseigner ?"

Bon attention c'est chaud :

Le manque d'éducation à la maison, le respect et tout ça...
On s'en fout

Voilà.








Quoi, vous êtes encore là ?



Non, je vous jure... Les gosses, ça peut être des pestes à la maison, ça peut faire des crises dans les supermarchés, tout ce qu'on veut nous, c'est qu'en classe, ils fassent pas chier le monde !

Ouah, ça fait du bien de crier...

Non mais c'est vrai ça, les parents, y-z-hésitent pas une seconde à développer des stratégies top fines, des trésors d'astuce et tout pour avoir la paix à la maison, y a le chantage, la beigne, privé de télé, d'ordi, de hamster ou de petite sœur, les bonbons, le chocolat, la tante qui pique, le week end chez mémé qui sent un peu, les jouets qu'on va donner à l'abbé Pierre pour les pauvres si tu ranges pas ta chambre (j'imagine la tombe de l'abbé Pierre avec tous les playmobils de microSuper...) coercition et négociation ça s'appelle, c'est l'éducation moderne pour vous... avant c'était pareil sans la négociation...

Mais vous, pauv'cloches d'enseignantes à qui on a appris à l'Iufm (à prononcer littéralement on dirait une allergie...) J'en croise sans arrêt des qui font semblant de croire en ce que de vieux beaux pistonnés aux adages bien comme il faut leur ont surriné deux année durant : l'enfant doit investir les apprentissages pour lui même et en dégager un plaisir personnel et pur.

Apprendre pour le plaisir d'apprendre, faire ses maths pour atteindre le nirvana républicain de l'égalité fraternelle (en oubliant la liberté de rien foutre) soutenir le camarade plus faible à la démarche orthographique hésitante, respecter l'enseignant pour ce qu'il représente du poids des siècles écoulé depuis grand papa Charlemagne...

Conneries.

L'enfant vient à l'école passqu'il a pas le choix, il y reste passqu'y a les récrés, il vous respecte passqu'il a peur de vous. Et pis c'est tout.

Et s'il a pas peur de vous (coercition) il vous reste le chantage (il a bien peur de quelqu'un non ? le directeur, le maitre G, son beau père, le gendarme municipal...) et la corruption (bons points, bonbons (si en plus il a peur du dentiste vous tenez là un double effet Kiss Cool))

Petite précision sur le chantage éducatif : il existe un chantage officiel reconnu d'utilité publique par les inspections académiques qui consiste à distribuer des tâches "gratifiantes" aux élèves méritants : ramasser les cahiers, effacer le tableau, laver la voiture du remplaçant : ça marche pas, ou alors si avec les gosses d'enseignants... Non mais, vous y croyez vous à la récompense ultime : tu seras larbin mon fils, et si t'es sage à la fin de l'année tu pourras me laver les pieds !
Une image, un sticker, un calendrier de la poste, une photo dédicacée de Superrééducateur, un paquet de clopes, voilà des pots de vin qui font plaisir à Kévin et il te fout la paix une heure ou deux...

Voilà Fantomette, j'espère avoir répondu à votre question, a bientot pour de nouvelles aventures.
La prochaine fois nous nous attarderons sur la question de Madame Méhabel : c'est-y vrai que tout le monde y peut être instit ? (je résume un peu vite là...)