ça existe, j'en ai rencontré...
enfin...
J'ai rencontré des enseignants qui en avaient connus.
enfin...
j'ai rencontré des enseignants qui connaissaient personnellement d'autres enseignants qui, eux, c'est certain en avaient vu de leur propres yeux.
où alors ils en avait entendu causer...
Si si.
Mais s'il est aisé de décrire un yéti mâle, qu'on confond pourtant aisément avec le dalai lama, il est plus complexe de définir le bon élève sans tomber dans le cliché du petit blond à lunettes, fragile et souffre douleur d'une cohorte de Kévin tous plus instables qu'un atome d'uranium enrichi.
Allez, tant pis j'me lance.
Le bon élève est chétif, blond et il a des lunettes qu'il n'oublie jamais à la maison, sous le lit.
Le bon élève satisfait le maître du CM1 en lui répondant, mais pas trop vite, et toujours en levant le doigt, sans qu'une de ses fesses décolle ne serait-ce qu'un instant de la chaise.
Le bon élève comprend tout, mais pas tout de suite, il a besoin des explications de l'adulte qu'il écoute sagement, parfois, il pose une question, juste pour qu'on précise un détail.
Le bon élève ne s'ennuie jamais en classe, il montre un intérêt tout particulier pour les coloriages magiques à base de division, et jamais il ne colorie une case sans avoir effectué l'opération, même après avoir reconnu le petit chien ou le phare de cap Breton.
Le bon élève aime son enseignant, d'ailleurs c'est son fils, il est assuré par la MAIF, s'habille à la CAMIF, un jour, il aura un bouc et un camping car, il amènera sa famille admirer Roc Amadour pour ses formations géologiques surprenantes.
Le bon élève compte ses mots en expression écrite, il respecte la ponctuation et ne laisse pas de fautes d'orthographe parce que c'est montrer du respect au lecteur.
Le bon élève joue à des jeux de sociétés et quand il perd, car il prend soin de perdre pour ne pas heurter ses petits camarades, quand il perd disais-je, il réagit sainement en n'essayant pas d'enfoncer les  petits chevaux dans les yeux de sa petite sœur, et elle lui en sait gré...
Car le bon élève n'est pas seul, ou alors c'est une race espèce catégorie à part, il a un frère et une petite soeur car il faut peupler la France afin d'assurer nos retraites, et trois gosses ça permettra à sa maman de se mettre en retraite à 40 ans, usée par le labeur quotidien dispensé sans compter au service de notre mère  à tous l'Education Nationale (j'vous avais pas dit que sa maman est de la maison ?)
Quand il arrive au collège, le bon élève ne jette pas de boulettes de papier mâché au plafond, il ne tague pas la prof de musique, ne bavarde pas en cours de techno... Bien sur, il ne fume pas, ne passe pas devant tout le monde à la cantine où il finit son plateau avant de le ranger, c'est à peine s'il se branle et encore les yeux fermés et en silence en rêvant de la jeune prof de français à la poitrine si généreuse mais je m'égare.
Le bon élève est intelligent, mais pas trop, en tout cas jamais plus que son enseignant, d'ailleurs ça doit bien être interdit par le règlement des écoles et le bon élève respecte le règlement des écoles dont il a intégré l'utilité pour le bien de toute la communauté éducative.
Le bon élève est aussi sympathique et souriant, il est aimé de ses pairs et populaire passqu'il s'la pète pas comme le fils du pharmacien.
A sa première tentative de suicide à 17 ans le bon élève laisse derrière lui une famille éplorée, des enseignants estomaqués et un malaise qui prend aux tripes ceux qui l'ont connu et n'ont "rien vu venir, il était si"... (remplir avec des adjectifs au choix.)
et comme c'est un bon élève, il ne se rate pas.