Je viens de recevoir en pièce jointe d’un email envoyé par un mien ami (car j’ai des amis, et oui…) un fichier powerpoint me vantant les mérites de la lutte anti corrida avec de jolis taureaux au regard doux, et des chevaux éventrés, et des toréros déchiquetés et la tète alouette.

Toute vie est respectable.

Certes.

Mais d'abord, définissons la vie : est en vie ce qui peut mourir, et ce qui peut mourir, va mourir. C'est à peu près aussi inéluctable que l'ascension fulgurante de Cindy Sanders.

A partir de là, l'être humain (qui serait bien mal aisé à définir) n'étant pas uniquement à l'instar de Démosthène un suceur de cailloux, il a besoin pour se nourrir d'attenter à la vie d'autres organismes vivants, ben oui, même la tomate et le rutabaga...

A nous donc de définir dans quelles conditions, nous attentons à la vie d'autrui : c'est ce qu'on appelle la culture, et par extraordinaire, il n'existe pas une seule culture mais des milliers, toujours différentes et souvent antagonistes.

Parfois, on appartient à plusieurs de ces cultures antagonistes, moi par exemple, je regarde la nouvelle star et pas la star académie, j’aime Bones, pas Porté disparus et je préfère regarder les séries télés Est allemandes que de me droguer au cannabis. Mais je m’égare, revenons donc à notre propos.

La tolérance n'est qu'une culture parmi d'autres, d'autant plus pernicieuse que sous couvert de liberté elle se présente comme le point de vu le plus objectif et en vérité le seul valable. En plus c’est vachement à la mode et ça permet de se positionner comme un chouïa au dessus de la mêlée en ces temps de mondialisation à tout va. Et pis, ça fait de gauche, pas de gauche-caviar, non, de gauche-artiste-bohème-et-incompris. C’est ‘achement bien quand t’es instit : de gauche, artiste et incompris (d’ailleurs, pourquoi aucun éditeur ne m’appelle pour me publier mes chroniques comme les zaut’s blogueurs zinfluents ? Putains de capitalistes !)

Ainsi ne vais-je parler qu'en mon nom propre et non au nom d'une quelconque morale dite "universelle" :

Je n'aime pas la corrida, ni la viande de taureau un peu trop dure à mon goût et bien trop forte quand c'est mal cuisiné.

Le spectacle du taureau dégoulinant dans son sang comme celui du toréador éventré ont tendance à provoquer chez moi une légère nausée qui passe avec quelques bonbons à la menthe, mais ça fait grossir et vraiment j'ai pas besoin de ça.

Le fœtus un peu triste de disparaitre m'émeut de la même façon, comme m'émeut Précillia un peu paumée qui me demandait conseil (dans un ancien poste ‘achement ‘pécialisé où j’avais des Kévins et des Précilias mais grands et élevés aux hormones, même que c’est en les voyant ados que je m’suis dit qu’ça vallait p’tet le coup d’intervenir avant…) parce qu'elle est enceinte à 14 ans au lieu de me parler de ses difficultés à se concentrer en cours de géographie. Comme elle s'exprime mieux que le susdit fœtus, c'est elle que j'écoute et au bout du compte, c'est lui qui mourra... Et la décision ne sera pas facile pour la jeune fille (enfin quand je dis jeune fille, c’est un euphémisme, passque y a pas des masses de tourterelles dans le coin…) mais c'est la vie.

Je n'ai rien contre les "pros-life" mais je suis bien content de ne pas travailler avec eux. En fait, si,j’ai plein contre : je trouve qu’ils ont un bâton dans le cul et une tête à donner des petits noms à leurs hémorroïdes.

Je suis si sensible et pourtant…

Je mange des huitres vivantes avec un bon p'tit vin blanc bien frais, et j'adore ça.

Je n'irai pas faire souffrir mon ténia en arrêtant la viande de porc comme ça sans prévenir.

Parfois, je reçois des vidéos immondes par email, je n’arrive même pas à les regarder : une fois une femme lapidée, un accident de skate où la jambe part de travers, « papillons de lumière » de Cindy Sanders (encore elle). Mon immense respect pour la personne humaine en sort légèrement abimé, mais bon, elle en a vu d’autres la personne humaine (surtout quand elle a plus de 18 ans, une forte poitrine, une délicieuse fossette là, non pas là, là…)

Parfois c’est des diaporamas dégoulinant de couchers de soleils et de chatons qui m’envahissent la boite aux lettres et là j’ai du mal à me retenir et généralement je sors dans la rue histoire de gifler une vieille ou de bousculer un paraplégique. (c’est le printemps, ils commencent à sortir)

Sinon, c’est de la pub pour du viagra, mais je comprends pas pourquoi mon antispam ne marche pas, peut-être passque l’expéditeur c’est ma femme, faudra que je creuse ça…